jeudi, 26 octobre 2006
A l'eau ointe
C'est une réédition d'un texte que j'avais publié ailleurs il y a quelques années. J'avais oublié ce conte parmi les autres versions que j'avais mises en ligne sur mon site.
Les belles histoires de l'oncle Dom
Approchez jeunes gens et jeunes filles, vous allez entendre la vraie, véritable et véridique histoire d'Halloween. On raconte énormément de craques à ce sujet et il ne faut pas croire les personnes qui vous parlent d'une fête païenne celtique ou américaine. En vérité je vous le dis, Halloween est une fête purement française et catholique, elle trouve son origine dans le royaume de Neustrie à l'époque mérovingienne.
En ce temps-là vivaient le roi Chiméric IV et son épouse la belle Saldegarde. Le roi Chiméric passait son temps à faire la guerre aux Huns et aux Hautres. Pendant ce temps, sa douce épouse filait la laine et confectionnait des cordes afin de pendre tous les mécréants. Las ! tous deux ne songeaient pas du tout à assurer leur descendance et le roi d'Austrasie attendait patiemment que ce royaume tombe non en quenouille, mais en couille.
Or il existait dans le royaume un saint homme (la preuve, il a été canonisé ensuite, mais secrètement), le brave abbé Glinglin, évêque de Trifouilly. Un jour, saint Michel, saint Gabriel et saint Népomucène lui apparurent alors qu'il parfaisait l'éducation d'une nonnette. Népomucène dit : « Glinglin, au lieu de songer à créer de nouveaux abbés et de nouvelles nonnes, tu devrais penser à l'avenir de ce royaume saint. Ton roi est sans successeur, il n'a jamais eu de fils ! Le Seigneur compte sur toi. » Glinglin déclara : « Mais si je remplace le roi dans ses œuvres, il attachera l'objet du délit à un cheval en furie ! » Ce à quoi saint Népomucène répondit : « Il existe une autre solution, Glinglin, une solution miraculeuse. »
Guidé par l'esprit saint, Glinglin prit le chemin de la cour et il entreprit le plan suggéré par les archanges. Il lui fallut d'abord séduire la cuisinière et diététicienne de la reine, ce qui n'était pas une mince affaire. Puis lorsque la reine fut convaincue qu'un bon régime de citrouille ferait du bien à son teint, Glinglin entra en scène vraiment. La citrouille devait être bénite. Glinglin oignait donc la citrouille d'eau en traçant le signe de la croix qu'il marquait avant par des trous, puis il l'aspergeait de son goupillon en prononçant la formule « Trisse et trisse ! »
La reine Saldegarde mangea des citrouilles pendant huit jours et elle commença à en avoir assez car cela lui portait sur l'estomac. À ce moment-là, saint Népomucène réapparut à Glinglin et lui dit : « Triple buse ! La reine ne devait manger qu'une citrouille ou deux ! Maintenant, elle va avoir des octuplés ! Pour ta punition, on ne te reconnaîtra jamais publiquement comme un vrai saint, mais pour avoir servi les voies du Seigneur tu seras quand même canonisé. » Glinglin était au désespoir, il se retira dans le monastère de Darche.
La reine accoucha en effet de huit enfants que l'on baptisa tous Chiméric. Malheureusement, les enfants — de vrais garnements — conservaient le souvenir du miracle de leur naissance, et vers la fin du mois d'octobre tous transperçaient une citrouille « à l'eau ointe » (ils ne se rendaient pas compte du pléonasme) tout en prononçant la formule rituelle « Trisse et trisse ! » Le miracle ne servit à rien. Le roi d'Austrasie s'empara de la Neustrie à la suite d'une bataille ; Chiméric IV fut transformé en osso-bucco et son épouse Saldegarde trouva le salut dans les ordres. Les huit petits Chiméric se réfugièrent en Grande-Bretagne afin d'échapper aux supplices qui les attendaient. Là, ils transmirent à leurs enfants la tradition de la citrouille « à l'eau ointe » qui déformée par les gosiers celtes, puis saxons, puis normands devint « Halloween ».
C'est en tout cas ce qu'affirme Augustin Thierry dans un addendum inédit à son Histoire des temps mérovingiens, resté inédit jusqu'à ce jour. Le savant avait lu, de ses yeux lu, des feuillets arrachés à l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours, mais ce manuscrit a malheureusement brûlé lors du bombardement de Caen.
En tout cas, mes chers neveux et nièces, il nous faut célébrer Halloween puisque c'est une fête catholique, française et royale...
15:15 Publié dans Vies imaginaires | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : halloween, anglicisme, humour



Commentaires
DD: "(...)il ne faut pas croire les personnes qui vous arlent d'une fête (...)" puis plus loin "(...) douce épouse filait la laine et onfectionnait des cordes (...)"
Voyons voyons ce que nous avons là. Un texte codé ! Il manque un P, puis plus loin un C... Encore, la signature du Prieuré de Champignac (dont Dominique est le Grand Chambellan, ne l'oublions pas) !!!
Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 26 octobre 2006
J'ai envoyé à Dominique, en privé, une liste de corrections à apporter, mais il n'a pas voulu en tenir compte.
Écrit par : Sylvie | jeudi, 26 octobre 2006
Je viens de corriger, mais ces bourdes viennent du fait que le texte provient de Google qui a posé ses propres balises de fin de ligne, a été reformaté ensuite à la main dans Worst qui garde certains attributs, puis recopié dans le bousin d'H&F qui a aussi son propre fonctionnement et qui me bousille donc les retours de ligne ou les fins de paragraphe. Bref, du grand n'importe quoi en matière informatique !
Écrit par : Dominique | jeudi, 26 octobre 2006
Ce n'est pas bien, de publier des billets aussi hilarants. Après, je dois essuyer les postillons sur l'écran...
Écrit par : Irène Delse | jeudi, 26 octobre 2006
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