vendredi, 08 septembre 2006
Géronte
Géronte est un grand baron de la journalistosphère : il éditorialise dans un quotidien provincial, il dirige une rédaction dans un journal parisien où il livre ses profondes analyses, il chronique sur une station de radio en compagnie de ses amis Argante et Pantalone qui lui donnent la réplique depuis trente ans, il mène une interviouve sur une station de télévision, il rédige des biographies d'hommes politiques ou des chroniques électorales, il donne des cours à Science-Po et il va animer des débats dans les cercles influents, il fait même de l'entraînement avec les hommes politiques pour les entretiens télévisés qu'il doit mener, bref Géronte est partout. Mais hélas ! il a constaté qu'il ne pouvait pas être présent sur la Toile. Que faire ?
Ben tu fais un blogue, lui dit son fils, c'est fastoche, je te l'installe en deux minutes. Géronte est ravi. Il recopie alors son éditorial du jour, puis ses impressions d'entretien. C'est formidable le blogue ! on peut tout dire immédiatement et en étant accessible à un public nouveau. Malheureusement, Géronte n'a pas vu qu'il existe une fonction commentaire et des possibilités pour refuser ou accepter des textes. Le résultat ? Lui qui est d'un centrisme très modéré, du genre tisane diluée dans une eau tiède, se retrouve avec les commentateurs les plus extrémistes qui soient et qui livrent des propos qui pourraient le conduire tout droit au tribunal, tout simplement parce qu'il n'a jamais songé à répondre à ses lecteurs, ni même à les lire. Tant d'années passées à pontifier dans les journaux écrits, radiophoniques, télévisés, cela ne s'efface pas d'un coup, et Géronte ne pense même pas que les lecteurs existent.
21:55 Publié dans Les caractères des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, internet, humour, web, journalisme, médias, média



Commentaires
Hum... ça vise quelqu'un de précis, ou bien est-ce juste un "caractère" à la manière de ? Je serais étonné que n'ais pas une petite arrière pensée pourtant. Mais la ou les victimmes m'échappent.
Écrit par : Sammy | dimanche, 10 septembre 2006
Les commentaires sont fermés.