jeudi, 07 septembre 2006
Le noir de l'aube
Vive inquiétude dont je tisse ma paix
constant souci source de l'insouciance
obscurité dont la ténèbre éclaire
cendre d'un feu qui brûle dans le froid
le songe qui m'invente a les yeux grands ouverts
et je ferme les yeux pour regarder le monde
Claude Roy
17:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, poème, écriture



Commentaires
J'aime les textes oscillants comme celui-ci, où le sens se défile dans le flou, quelque part entre deux contraires nécessaires l'un à l'autre.
Écrit par : lamkyre | jeudi, 07 septembre 2006
Je ne trouve pas le texte oscillant mais plutôt rythmé par la mécanique des contraires : inquiétude/paix ; souci/insouciance ; obscurité/clarté ; cendre/feu ; chaud/froid ; ouvert/fermé ; rêve/réalité. Le titre colle d'ailleurs très bien à ce qui suit.
Écrit par : Papotine | jeudi, 07 septembre 2006
Hmm... Des contraires, oui, mais on n'en abandonne pas un pour passer à l'autre. C'est entre les deux que naît quelque chose, qui manifeste leur intrication, et que je ressens comme une tension et une oscillation.
Écrit par : lamkyre | jeudi, 07 septembre 2006
Le texte élargit sa perspective au fur et à mesure, le rythme s'amplifie, la dernière antithèse est construite en un chiasme qui n'a vraiment rien à voir avec les figures pétrarquistes que l'on pourrait rappeler : il n'y a aucune pointe, juste un suspens et une attente.
Écrit par : Dominique | jeudi, 07 septembre 2006
Aha ! J'aimerais qu'on me rappelle ce qu'est une figure pétrarquiste, parce que je n'en ai pas la moindre idée.
Écrit par : lamkyre | jeudi, 07 septembre 2006
Dominique : "Le texte élargit sa perspective " :
Oui, assez large pour voir le monde !
Lamkyre : "C'est entre les deux que naît quelque chose, qui manifeste leur intrication"
Je ne vois pas cet entre deux justement, il est noyé sous l'avalanche des contraires... qui emportent la délicatesse.
Écrit par : Papotine | jeudi, 07 septembre 2006
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