mardi, 22 août 2006
Abrédérivations
Les abréviations des numéraux ordinaux sont codifiées, on place en petites lettres supérieures l'élément qui suit le chiffre et on n'utilise que le minimum de lettres : 1^er au masculin ou 1^re au féminin, 2^d au masculin et 2^de au féminin, 2^e au singulier et 2^es au pluriel. Mais il faut voir aussi les formes qui ne sont pas issues de nombres et dont le radical ne peut être écrit en chiffres. Considérons déjà que les graphies n^me et n^ième (PR1) pour énième sont fausses puisqu'elles reprennent un élément inutile pour l'une et que ce n'est pas une abréviation du tout pour l'autre. La seule bonne graphie en suivant la série des nombres serait : n^e. De la même manière, on aurait x^e pour ixième ou xième. La lettre peut être lue par son nom de la même manière que les nombres. Penchons-nous maintenant sur quelques abréviations d'adjectifs ou de noms qui partent d'adverbes : le tantième sera le t^e, le quantième (forme soutenue) peut devenir le q^e, le combientième être le c^e. Je m'arrête un instant car je constate que l'on va confondre c^e (combientième) et c^e (comte comme dans c^e d'Happotikerr), mais comme la première forme est déjà considérée comme fautive...
Mais le pénultième et l'antépénultième ? Je propose de faire pour le premier une abréviation simple p^e, et pour le second une semi-composée : antép^e. On pourrait à la rigueur admettre pén^e, mais ce serait déroger à la règle de la plus courte abréviation possible. On aura ainsi un système bien régulier. On peut l'étendre à ultime, anciennement ultième, u^e. Cela permet alors d'augmenter les abréviations d'adverbes : 1° (primo), 2° (secundo ou deuxio, deuzio suivant le registre de langue), et donc u°, ultimo, e° eskimo.
Reste une question : les ordinaux belges ou suisses. Il faut prendre alors un élément du radical, on distinguera ainsi s^e (septantième) de 7e et de 70e, o^e ou h^e (octantième ou huitantième) de 8e et de 80e. Ce qui fiche tout par terre, c'est le nonantième car on va le confondre avec n^e qui veut dire nième ou énième. Il faut donc l'écrire non^e, ce qui n'est guère heureux puisque l'on peut croire que c'est un nonième, un nombre qui n'existe pas, tel zérotième ou zéroïème (0^e)*. Viennent ensuite les nombres improbables, et là le trait d'union peut servir : 40-12^e (quarante-douzième), 50-12^e (cinquante-douzième).
* Je m'interroge d'ailleurs : pourquoi zérotièmement n'aurait-il pas droit de cité comme premièrement, deuxièmement ?. Cela définirait assez bien certains préambules où l'on entend surtout des captatio benevolentiæ et des prétéritions. Et ultièmement si l'on veut dire que l'on en finit avec le sermon ? Pénultièmement, pour signaler que le calvaire va bientôt prendre fin ? Antépénultièmement pour dire que l'heure du vin d'honneur se rapproche ?
17:23 Publié dans OuGraPo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, ougrapo, oulipo



Commentaires
e° : est-ce qu'il y a encore un mot ? Très approprié pour une éventuelle petite rawette.
Je ne vois aucune distinction à faire entre septantième et 70e, ni entre nonantième et 90e. Non mais !
Écrit par : lamkyre | mardi, 22 août 2006
Ugh. Lamkyre a bien parlé. Et si « 0^e » est parfait pour « zéroïème », n'oublions pas les nombres négatifs et notons par exemple « -2e » pour « moins deuxième » (étage, par exemple). Je recommanderais « -1e », soit « moins unième » plutôt que « -1er », partant du principe que « premier » est remplacé par « unième » en composition. Je termine par un souvenir de mes études supérieures : j'y notais « d^e » le mot « dernier ».
Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 22 août 2006
Et si on prononce 95e à la mode française, ça devient "qvq^e" ?
Écrit par : Ponte Facto | mardi, 22 août 2006
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