samedi, 29 juillet 2006
Autre histoire d'ex à Champignac
Il y a huit ans Champignac a recouvré son nom historique et on pensait que la ville serait plus visible et identifiable, mais cela ne va pas mieux. On ne compte plus les panneaux qui n'ont jamais été modifiés – le changement de nom impliquait des dépenses de l'ordre de plusieurs millions d'euros qui devaient être étalées dans le temps par le renouvellement normal du mobilier routier ou ferroviaire. Mais lorsque de nouveaux panneaux apparaissent avec une orthographe qui rappelle plutôt la rivale bourguignonne, rien ne va plus. Et si l'on veut voir comment ce maquis de noms est perçu de l'extérieur, il suffit de consulter ce blogue en anglais (avec résumé en français).
11:28 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : géographie



Commentaires
Combat d'arrière-garde peut-être, mais quand on n'était pas d'accord sur une chose et qu'on voit les difficultés de ceux qui ont gagné, on ne peut s'empêcher de sourire pour un petit bonheur posthume.
J'ai eu une petite satisfaction l'autre jour, après m'être trompé de train pour Nancy et en avoir pris un qui s'arrêtait à Champignac de voir l'énorme trace des lettres enlevées de l'ancien poste d'aiguillage à coté du pont-route. Surtout ne le dites pas à la SNCF, qu'elle continue à oublier le ravalement.
Si on a repris le terme Champagne pour valoriser la ville, à cause du vin sans doute, a t-on pris en compte le fait que naguére il était associé, autour de Champignac, notamment sur les cartes Vidal-Lablache, à l'adjectif pouilleuse dont les instituteurs prenaient soin d'expliquer qu'il n'avait aucun rapport avec les poux.
Heureusement, j'ai appris à nager dans la Marne, car j'ignore l'effet prolongé des bulles et de l'alcool sur la flottabilité des corps.
De toutes les façons le mien le préfère dedans que dehors.
Quant aux abréviations sur les panneaux routiers, il suffit d'un seul voyage en Allemagne pour se convaincre que Champignac n'a pas la palme des inscriptions imbitables pour un étranger.
La mobilité encouragée des personnels des DDE, surtout par les temps réformateurs qui courent, doit faire que ceux originaires de Champignac sont partis ailleurs et que ceux qui officient sur place sont d'ailleurs. Ne nous étonnons pas de leur peu de motivation pour un problème de cet ordre. Sans compter que les panneaux sont fabriqués par des industriels de partout où c'est moins cher qu'ailleurs.
Je me demande ce qu'aurait dit Pierre Dac de tout çà.
Écrit par : Adrien | samedi, 29 juillet 2006
Si vous vous lancez dans la série des ex, il y en a un fameux : "l'ancien franc français", que j'ai réentendu récemment dans la bouche d'un sexagénaire...
Étant petit, je passais mes étés au bord de la mer, dans le Midi. Nous avions généralement l'habitude de fuir la surpopulation des plages en nous baignant dans une calanque, la "crique". La plage, on n'y allait que de temps à autres pour changer, ou quand le vent du large amenait des détritus dans la crique, ou s'il y avait des rouleaux...
La crique, c'était - et c'est toujours - ce genre d'endroit des habitués, où tout le monde se connaît - de vue au moins - et se salue. C'est un endroit a priori peu accessible qu'il faut connaître pour apprécier, car elle a ses habitudes : ici on entre dans l'eau, mais pas là, il y a des oursins. Sous le rocher, là, il y a les poulpes. Cet autre rocher, c'est celui du gros monsieur qui viendra pêcher dans une heure... Il ne pêche jamais rien, car la bande des gosses du coin joue autour, mais il est gentil.
La crique, c'est ce genre d'endroits où en plein juillet, si vous perdez votre porte-monnaie, on vous le rapporte.
Parmi les habitués de la crique, il y avait un monsieur extraordinaire que j'appelais Parlevite, tant le petit Suisse que j'étais restait scotché devant un tel flot de paroles, inimaginable chez nous. Parlevite semblait avoir des branchies, nul besoin d'arrêter ses explications pour respirer, mais comme il répétait 20 fois la même chose en gesticulant - voire plus si d'autres personnes se rapprochaient en faisant mine de s'intéresser - j'arrivais généralement à comprendre l'essentiel du message, même si à mes yeux cela n'avait que peu d'importance. C'était plutôt un phénomène de foire, en quelque sorte...
Or un jour, Parlevite est devenu à mes yeux d'enfants (je devais avoir 6 ans) encore plus extraordinaire, pusiqu'apparemment il devait être millionnaire, ou en tout cas très riche ! Grosse agitation sur les rochers tandis que je sortais des flots : Parlevite avait perdu ses lunettes ! elles étaient tombées là, juste ici, dans l'eau, par 3 ou 4 mètres de fond. Et Parlevite répétait - entre autres - à qui voulait l'entendre le prix exorbitant de ses bésicles. Je ne m'en souviens plus, mais ça devait être de l'ordre de 30'000 francs !
Ouah... ma seule notion de l'argent, à l'époque, c'était le prix des petites figurines de Schtroumpfs, dont je recevais un exemplaire à la fin de la semaine si je faisais de bonnes notes : 50 centimes...
Lorsqu'on m'envoyait à l'épicerie ou à la boulangerie du coin, chez moi, tout allait sur le "carnet"... Je n'avais vraiment aucune notion de l'argent.
Toute personne possédant 1000 francs, voire plus, je la considérais comme très riche.
Alors vous pensez, si Parlevite pouvait s'offrir des lunettes à 30'000 francs, ça dépassait tout ce que je pouvais imaginer.
Je trouvais Parlevite néanmoins admirable, car il avait su rester simple : il venait, certes, dans *la* crique, mais sans chichis, il se contentait d'une vieille Renault et racontait toujours aussi volontiers ses aventures à qui voulait l'entendre, aux autres également.
Je l'avais presque oublié, l'ancien franc. Et tout à coup, quelqu'un me l'a ressorti. Et chaque fois, je repense à Parlevite...
Écrit par : Ponte Facto | samedi, 29 juillet 2006
Oui, bon... le poste d'aiguillage doit être rasé prochainement, tout comme les bâtiments de la Sernam et d'autres du même côté. C'est que l'on attend le TGV et que tout doit être neuf et propre alors.
Pour le terme de Champagne pouilleuse, j'ai lu une explication délirante de Germaine Maillet – une érudite locale – qui déclarait que cela venait du fait qu'on se frottait contre les mégalithes (comme ceux qui existent un peu plus au sud puisque c'est une région avec d'importants vestiges préhistoriques) afin de s'épouiller et que c'était un rituel ancien à date fixe (il devait en plus y avoir une question de culte de la fertilité derrière). Mais comme j'ai lu d'autres choses tout aussi fumeuses de la même Maillet, je n'y ai pas accordé foi.
Écrit par : Dominique | samedi, 29 juillet 2006
Pourtant, le Robert historique évoque bien l'acception d'origine, « qui a des poux », étendue par métonymie au sens de « misérable », et géographiquement au sens de « moins fertile » pour certaines parties de la Beauce, de la Brie et de la Champagne.
Écrit par : Pierre Hallet | samedi, 29 juillet 2006
Oui, et le Robert a comme d'habitude recopié le Trésor de la langue française (TLFi en ligne).
Écrit par : Pierre Enckell | samedi, 29 juillet 2006
Ponte Facto : votre vrai prénom c'est le petit Nicolas, non ? vive monsieur Parlevite !
Écrit par : Papotine | samedi, 29 juillet 2006
On n'est pas obligés d'aller chercher des explications folklorico-mythologiques anciennes et brumeuses pour une désignation apparue très tardivement (milieu du XVIIIe s.) à partir d'une métaphore depuis longtemps en usage. Les histoires de vierges qui se frottent contre des menhirs afin de s'épouiller et d'enfanter plus tard, cela m'a fait rire.
Écrit par : Dominique | samedi, 29 juillet 2006
Tant pis pour le vieux poste d'aiguillage et son inscription fantôme. Tant mieux pour le TGV.
D'après mon instituteur de CM2 le terme pouilleuse venait du pouillou (orthographe ?), herbe qui poussait abondamment dans la plaine et nourissait les moutons, piliers de l'économie agricole locale d'une époque révolue.
Je n'ai rien trouvé sur ce mot dans cette acception. Probablement une appellation du terroir.
Comme on l'a aussi débarassée de ses obstacles visuels, les bosquets épars de pins maritimes (où l'on trouvait des champignons) , la plaine est maintenant très dépouillée.
Écrit par : Adrien | samedi, 29 juillet 2006
N'ayant pu lire, pour cause de simultanéïté de parution les commentaires qui précèdent le mien, je propose que la dite herbe à pu avoir été nommée pouillou parce qu'elle poussait sur un sol pauvre.
Écrit par : Adrien | samedi, 29 juillet 2006
Le DHLF et le TLFi font clairement remonter pouilleuse à pou, synonyme de pauvreté. Mais il existe une autre version en effet, que l'on retrouve dans le Quid : cela viendrait du nom de la menthe pouillot ou empouille.
http://www.aromalves.com/article.php3?id_article=30
Là encore, c'est un peu confus : comment une plante qui ne pousse qu'à certains endroits et qui est toxique à haute dose aurait-elle pu donner naissance au nom d'une pâture de moutons ? En fait, on a une version qui veut éviter l'origine péjorative. De la même manière, on a rebaptisé Le Chesne-Pouilleux et Saint-Lumier-la-Pouilleuse en Populeux et Populeuse.
Écrit par : Dominique | dimanche, 30 juillet 2006
Le pouillot ou serpouille est aussi un nom commun du thym sauvage qui est plus une plante alimentaire pour moutons et lapins. http://jardiniere.net:8080/herbes/herbes6.php
Écrit par : Dominique | dimanche, 30 juillet 2006
Pourquoi dit-on toujours *la* Sernam -- moi aussi --, alors qu'il s'agit du « Service National des Messageries » ?
http://www.facteur-emploi.com/recruteurs/liste.php?step=3&num=368&fromliste=1
Écrit par : Sylvie | dimanche, 30 juillet 2006
Parce que la Sernam est perçue comme une société et qu'elle est devenue il y a plusieurs années un groupe dont le nom est Sernam S.A. ?
Écrit par : Dominique | dimanche, 30 juillet 2006
Ou parce que la terminaison, -am, (ame), est perçue comme un féminin ?
Écrit par : Sylvie | dimanche, 30 juillet 2006
Il fut un temps où ce qui fut le, puis la SERNAM s'appelait la petite vitesse.
Raser ça pour faire de la place au TGV, quel symbole !
Écrit par : Adrien | dimanche, 30 juillet 2006
Féminin comme un tram, ou féminin comme un gramme ?
Écrit par : Pierre Enckell | dimanche, 30 juillet 2006
Mon Petit Robert ne veut pas s'ouvrir, ce soir, il fait la tête. Sinon, je lui aurais demandé combien de noms féminins se terminant par -am (ou -ame) il trouvait, par rapport aux noms masculins.
Je ne sais pas faire la même recherche avec le Grand Robert.
(Stéphane, une idée ?)
Écrit par : Sylvie | dimanche, 30 juillet 2006
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