mercredi, 19 juillet 2006
Déplacement du front du rösti
Le Robert a augmenté de 50 % le nombre de ses mots suisses, mais ce n'est pas exactement au goût de son expert :
« Les définitions que j'ai fait parvenir au Robert étaient très brèves, et en plus elles ont été charcutées ! » Le linguiste déplore des changements effectués sans son accord, et le fait d'avoir même découvert des fautes.Par exemple le «vengeron» est décrit comme un poisson du lac Léman et de « Neufchâtel ». Ou alors, la transcription phonétique du mot « rösti » est fausse (avec « s » au lieu de « ch »), comme dans les précédentes éditions, alors qu'André Thibault l'avait corrigée. Ironie du sort, si l'on pense au poids de ce mot-là dans ce pays.
Malheureusement pour lui, la prononciation en France est rosti ou reusti le plus souvent et au masculin, alors que c'est reuchti et au féminin en Suisse (et souvent en Alsace).
14:37 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, lexique, suisse, dictionnaire, helvétismes, prononciation



Commentaires
Le Dictionnaire suisse romand (1997) du même Thibault classe les différentes graphies du mot (masculin pluriel !) comme suit :
rösti / röstis / roesti [oe soudés] / roestis [oe soudés ou non] / reuchtis (une seule attestation). Quelques rares attestations au masculin singulier : rösti, roesti. Une seule (de 1947) au féminin pluriel : röstis.
"En dialecte alémanique, écrit-il encore, rösti est féminin singulier ; en français de Suisse romande, il est le plus souvent masculin pluriel."
L'emploi du possessif dans "son expert" ne doit pas être compris dans le sens où A.Th. serait un employé de l'entreprise Robert : l'article cité spécifie bien sa position, il me semble. Thibault est un excellent linguiste et lexicographe, plus fiable à mon humble avis que les notices parfois un peu bâclées du Robert.
Ecrit par : Pierre Enckell | mercredi, 19 juillet 2006
Le problème, c'est bien les différents niveaux et les différentes aires de langue ou les interlocuteurs. Je ne suis même pas sûr que cela ne change pas pour les mêmes locuteurs francophones. J'ai employé ici le masculin singulier en référence au plat comme métaphore, mais j'utiliserais le pluriel si je devais parler de ce que je veux me préparer puisqu'il y aura plusieurs röstis dans mon assiette : « Ce soir, je fais des röstis » (sans la consonne chuintée si je ne suis pas en Alsace). Vous avez déjà abordé la même question pour le Müsli (mais juste pour la graphie et la prononciation, pas pour le genre et le nombre), le bäkhoffa présente lui aussi une étonnante variété de graphies et de prononciations. Cela semble le sort de bien des mets germaniques qui sont récemment apparus en France de l'Intérieur.
Ecrit par : Dominique | mercredi, 19 juillet 2006
Effectivement, en Romandie rösti est masculin pluriel, prononcé reuchti.
C'est marrant, je n'ai jamais remarqué de féminin en allemand. Faut dire que les bistrots écrivent "mit rösti" lorsque c'est un accompagnement, ou simplement "rösti" lorsque c'est un plat principal, précédé ou suivi d'un complément d'information : Bärner, Älpler, Walliser, Lozärner Rösti, mit Spiegeleier, mit Speck, etc.
Aucune indication de genre.
Quant au mundart, la distinction des genres n'est pas toujours évidente lorsqu'on n'est pas tombé dedans étant petit...
Maintenant que j'y pense, je crois avoir déjà entendu dire "la rösti" par quelque alémanique s'exprimant en français, mais j'aurai assurément rangé cela parmi les habituelles fautes de genres.
Ecrit par : Ponte Facto | lundi, 24 juillet 2006
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