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samedi, 17 juin 2006

De l'éloignement du Québec

Quand j'ai commencé à lire et à écrire sur Usenet, il y avait des intervenants de tous les pays de la francophonie, les Québécois étaient fort nombreux sur les forums .fr et on voyait même des Cajuns, les Français étaient fort minoritaires et discrets. Puis tout cela s'est considérablement rétréci au fur et à mesure de l'avancée de la Toile en Europe, et puis les Québécois qui intervenaient étaient ou des dinosaures de plus en plus rares, ou des expatriés au Québec. En écrivant dans des blogues, j'ai retrouvé un peu le même clivage : il m'arrive de lire ou d'écrire sur des blogues québécois et il n'y a alors que des Québécois (je dois alors me justifier et expliquer que je ne suis pas un maudit Français méprisant et vaniteux), je lis des blogues européens et il n'y a plus de Québécois (sauf chez quelques rares personnes qui font le lien entre les continents). Je peux parfaitement écrire sur des blogues québécois et je ne m'en prive pas même si je dois enfiler des patins avant, j'ai parfois des commentaires de Québécois, mais ce n'est pas le problème : je sens une sorte de division dans la plupart des blogues que je consulte, les Québécois ne répondant plus que sur des blogues tenus par des Québécois et parlant de bricoles politiques ou commerciales québécoises, les Européens ne se risquant jamais sur un blogue québécois parce que l'actualité parisienne est plus importante. Bien sûr, tout cela est lié à la vision communautariste des blogues ou des forums, vision désastreuse et nuisible. Cette situation n'existait pas vraiment il y a encore deux ou trois ans, et il y a presque dix ans ce n'était pas du tout le cas. Le paradoxe, c'est que ce qui devrait nous rapprocher a fini par nous éloigner. Et moi cela me désole.

Commentaires

Je fais un peu le même constat avec les forums, que je connais mieux que les blogs... de village mondial on est parfois passé au forum rassemblant quelques copains qui veulent surtout habiter près les uns des autres pour se voir facilement et faire des trucs ensemble sans faire des centaines de kms... et tout ça vous a des allures de café du commerce parfois !
N'est-ce pas aussi parce que les gens prennent la virtualité comme un passage obligé certes, mais pas un aboutissement des relations ?

Ecrit par : 2 passage | samedi, 17 juin 2006

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