vendredi, 16 juin 2006
Le baragouin tel qu'on le parle
C'est extrait de la Libre Belgique :
Les CEO ayant constaté un déficit de gouvernance, ils ont appelé leurs mandants à poser un geste fort, médiatiquement accompagné d'un signal fort, quitte à revoir leur copie si un bémol s'avérait nécessaire. Entraînés à ce challenge par leurs coachs, ils auront sans doute droit à une cerise sur le gâteau. Celle-ci consistera à implémenter une synergie high tech avec les acteurs financièrement défavorisés, dont la compétitivité, faute de life-long learning, ne répond pas aux expectations de la société de connaissance. Il s'agit de dégager des interfaces pouvant offrir une alternative aux dysfonctionnements générés par une flexibilité dont les qualités incrémentales manquent de visibilité au niveau des espaces de concertation liés à la montée en puissance de la démocratie participative. Les experts, en effet, ont découvert que l'épreuve du bench marking débouchait sur un point d'orgue d'expertises désormais obsolètes. Afin de solutionner ce problème, ils ont entrepris d'initier de nouvelles pratiques de transparence citoyenne, basées sur un know-now aisément transférable, quitte à émotionner les victimes d'un lag trop conséquent en matière de formation. Cette révolution dans les programmes de training ne devrait pas trop émotionner les apprenants des diverses filières de certification en compétition pour des labels d'excellence. Tout ce brainstorming ne peut qu'être bénéficiel à l'ensemble de l'économie, et c'est cela qui doit constituer le concept du message de positionnement, isn't it?
17:19 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : langue française



Commentaires
Et l'auteur de l'article de commenter :
Qui d'entre nous, pourtant bien méfiant à l'égard de «briefer» ou de «gouvernance», n'a jamais prononcé «humanitaire» ou encore «usagers» ?
« Usager » est pourtant un mot bien utile pour faire une nuance avec « client »... Le client peut se plaindre et choisir, l'usager ne peut que causer toujours et subir.
Ecrit par : Pierre Hallet | samedi, 17 juin 2006
Vous me faites penser aux panneaux que j'ai vus à l'entrée du parking du Trésor public de Champignac : “Réservé aux clients”. Les clients en question sont en fait des contribuables qui viennent apporter leurs sous (en général des personnes très âgées ou des immigrés qui payent en liquide ou des commerçants furax qui ont stocké tous leurs centimes pendant un an) et c'est une drôle de façon d'être client, pensera-t-on. Oui, mais le Trésor public délivre aussi les timbres amendes ou les timbres fiscaux aux particuliers et aux buralistes (une de leurs obligations légales liée à la licence). Il sert aussi de banque pour toutes les personnes qui sont en situation d'interdit bancaire et cela commence à faire du monde (à cause de la politique des banques, mais aussi à cause de l'augmentation du nombre de pauvres en général). Le Trésor a donc bien une clientèle et pas simplement des assujettis, même si le terme peut surprendre.
Ecrit par : Dominique | samedi, 17 juin 2006
Bara Gwin : Le pain et le vin
"Quel attentat linguistique, quelle eucharistie à l'envers, que de prendre deux des substantifs les plus sacrés d'une langue pour en faire un symbole d'arriération et de confusion mentale !" (Michel Treguer)"
Ecrit par : yann | lundi, 02 avril 2007
> Yann
S'il y a maintenant des mots politiquement incorrects en raison d'une étymologie lointaine et bien oubliée, on n'a pas fini d'épurer les dictionnaires...
De toute façon, il n'existe pas de substantifs sacrés, à ma connaissance.
Ecrit par : Pierre Enckell | lundi, 02 avril 2007
Pour baragouin, l'étymologie est fort controversée et elle est sujette à beaucoup de légendes à propos des circonstances de son apparition.
Ecrit par : Dominique | lundi, 02 avril 2007
Sacrebleu, cette note m'avait échappé !
Heureusement, il n'y a pas de dead line pour les commentaires dans le project management de Dominique. La formation manageriale du webmaster lui laisse le leadership basé sur les actions matérialisant les stratégies de collaboration qu'il met en place, en créant des binômes de projet avec ses lecteurs. Dominique développe une modélisation de la com afin de valider la professionnalisation de son blog.
Ecrit par : Jacques Layani | lundi, 02 avril 2007
J'ai certes volontairement mélangé, dans le commentaire précédent, des expressions provenant de diverses sources, mais je tiens à dire que chacune d'elles fait partie du lexique habituellement employé sur mon lieu de travail.
On comprendra que j'envisage de demander prochainement ma mutation.
Ecrit par : Jacques Layani | lundi, 02 avril 2007
Normalement, les commentaires ferment au bout d'un mois, mais ici ils sont restés ouverts car c'était ma période de republication des trois premiers mois du blogue et je ne sais pas comment les refermer.
Ecrit par : Dominique | lundi, 02 avril 2007
L'étymologie de bara gouin n'est n'est pas lointaine, ce sont deux mots encore compris par tous les bretons. Cependant le français éclaire le monde.
Il peut y avoir un doute sur gwin qui autrefois était le masculin de gwen (blanc). Mais vin et breton vont si bien ensemble.
Ecrit par : le goff | mercredi, 11 avril 2007
Il semble que ce mot de "baragouiner" pourrait aussi venir de "barguin" du XVIème siècle (marchandage), qui aurait donné le mot anglais "bargain" (bonne affaire).
Sans vouloir offenser les Bretons.
Ecrit par : oliduplessis | mercredi, 11 avril 2007
Le DHLF donne comme première attestation la date de 1391 pour barragouyn avec un locuteur originaire du Loiret pour parler d'un habitant de la Guyenne et en opposant ce mot à chrétien et à Français. Ce n'est donc pas vraiment très breton, mais le mot a pu voyager avant, puisqu'il ne s'agit que d'une attestation écrite. Il faudra un siècle et demi avant que le mot se répande vraiment. Il y a des présomptions pour l'hypothèse bretonne, mais rien de très décisif en dehors d'une chanson citée par Dauzat qui associe le fait de baragouiner et d'être de Basse-Bretagne. On a donné de nombreuses autres explications plus farfelues les unes que les autres, mais la racine onomatopéique bar- (cf barbare) est suffisante. En tout cas, toutes les histoires que j'ai pu déjà lire au sujet de soldats bretons sous la Révolution, l'Empire, durant la guerre de 14, etc. ou de journaliers se présentant devant une ferme ou une auberge ne valent strictement rien. Ce sont des représentations idéologiques, faites après-coup.
Ecrit par : Dominique | mercredi, 11 avril 2007
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