vendredi, 16 juin 2006
Flambants neuf
Le changement s'est donc opéré en catimini et des panneaux flambants neuf ont remplacé, en milieu de semaine, les anciens.
Avec une telle expression, il existe trois possibilités d'accord :
a) des panneaux flambant neuf (on considère que c'est une locution complète, invariable en genre et en nombre, un peu comme les adjectifs de couleur composés) ;
b) des panneaux flambants neufs (on considère qu'il y a deux adjectifs égaux et coordonnés de manière implicite, mais l'accord de genre n'est pas possible au féminin et cela devient donc illogique) ;
c) des panneaux flambant neufs (le mot le plus important est neuf que vient modifier flambant considéré comme un pseudo-adverbe pour dire vraiment, totalement, complètement). Cette dernière solution est celle qui est le plus souvent conseillée.
Trois possibilités d'accord, mais c'est une autre solution qui a été choisie et elle est totalement absurde puisque le thème principal n'est pas que les panneaux flambent (même de manière figurée), c'est qu'ils soient neufs, nouveaux. Non qu'il flambent nouvellement, ce qui serait un autre sens.
Au sujet de l'accord de neuf : lorsque j'emprunte le périphérique d'Épinal, je passe à côté d'un panneau indiquant Les Neufs Lieux. Pourquoi n'y a-t-il pas d'erreur dans cette désignation et qu'a-t-elle de particulier ?
11:47 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, coquille, orthographe, grammaire, langue française



Commentaires
Ce sont d'anciens nouveaux lieux, j'imagine. Je n'y vois rien de très particulier.
Écrit par : lamkyre | vendredi, 16 juin 2006
Oui, ce sont des lieux nouveaux, en fait des essarts, des bois défrichés, mais la construction du nom est particulière.
Écrit par : Dominique | vendredi, 16 juin 2006
La particularité réside-t-elle dans la place de l'adjectif ?
Écrit par : lamkyre | vendredi, 16 juin 2006
Ou bien faut-il s'étonner que les deux mots soient restés séparés, au contraire de ce qui s'est passé pour Neuville, Neuforge, Neuchatel ou Neupré ?
Écrit par : lamkyre | vendredi, 16 juin 2006
Oui, cet adjectif est généralement antéposé dans le nord de la France (Neufchâteau, Neuville, Neuf-Brisach), postposé dans le Midi (Châteauneuf, Villeneuve, Pont-Neuf). Toutefois, en Lorraine, l'ordre germanique des mots est plus souvent utilisé dans la langue familière, on dira ainsi « j'ai mis mes neuves chaussures ». La construction est même typiquement lorraine car elle s'exerce sur des noms qui n'existent pas ainsi ailleurs, il y a par exemple près de Nancy une commune de Neuves-Maisons.
Écrit par : Dominique | vendredi, 16 juin 2006
Pour la présence du f devant consonne, il se fait parfois entendre chez les autochtones dans Neufchâteau et Neuf-Brisach. Pour Neufchâteau, c'est une forme d'archaïsme régional ; pour Neuf-Brisach, c'est une forme d'hypercorrection régionale due à l'influence de l'orthographe (la commune a été fondée par Vauban et a eu tout de suite un nom français qui ne commence pas par un Neu- germanique). Selon mes souvenirs, ce sont les Français de l'Intérieur et d'outre-Meuse qui ne prononcent pas alors le f.
Écrit par : Dominique | vendredi, 16 juin 2006
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