jeudi, 15 juin 2006
Du mauvais usage des bloguerôles
Chez Fuligineuse, je me suis fendu hier soir d'un commentaire furibard contre les blogueurs qui n'écrivent et ne lisent que ce qui existe dans le monde Hautetfort. Ils consultent la liste des derniers blogues Hautetfort mis à jour à partir de la page d'accueil de la plateforme. Ils ont un bloguerôle où quasiment tout, si ce n'est pas tout, est constitué de liens vers des blogues Hautetfort (la consultation d'un bloguerôle renseigne énormément sur la personnalité du blogue). Les commentaires viennent seulement de Hautetfortistes qui renvoient vers leur blogue. Ils s'inscrivaient encore il y a peu dans les communautés Hautetfort très pertinentes du type "Les amis du Nutella et des fraises Tagada".
Je lis certains blogues Hautetfort parfois par hasard ou par intérêt, quelques-uns souvent de manière régulière, mais ce qui m'a horripilé en tombant sur certains blogues trouvés par hasard (un lien sur un autre blogue Hautetfort) c'était de constater l'espèce d'enfermement de certains blogueurs qui ayant trouvé quelques commentateurs Hautetfort vont ensuite les lier et puis aller les commenter pour chaque billet en bonne réciprocité. J'avais eu droit à quelques-uns de ces énergumènes au début, mais ils se sont découragés parce que je ne répondais pas. Ils déposent un commentaire du genre « Sympa ton blog. Je reviendrai. Tu peux me lire là. » Ce genre de commentaire a le don de faire hérisser ma chevelure bernardhenrilevyesque puisque je sais que pour revoir le zigoto, il faudrait payer d'un petit commentaire chez lui alors que son blogue est sans aucun intérêt pour moi (pour d'autres peut-être, mais pas pour moi). Je hais ces communautés, ces chapelles, ces rassemblements de gens qui vont aller vers le moins-disant commun afin de ne pas se faire exclure d'un tout petit groupe. Et j'en ai vu pas mal de ces blogues Hautetfort qui ne communiquaient que vers des blogues Hautetfort.
Cela a aussi des conséquences, parce que certains se croient alors dans une bulle, un monde de Candy, où en fait il y aurait des méchants à punir et des gentils à défendre parce qu'ils s'expriment sur la même plateforme. Dans de tels cas, il ne s'agit pas simplement de sottise, d'étroitesse de vue, de niaiserie volontaire, mais en fait d'une conception des blogues comme des communautés de discussion du type MSN ou chats. Par un billet, on manifeste qu'on veut discuter, les quatre, cinq, six emblogrôlés qui se manifestent, chacun envoie son texte chez l'autre, et puis la discussion tourne en soupe vaseuse ou tisane tiédasse même si quelqu'un profère une énormité ou une vulgarité. C'est le monde du consensus le plus mou (tout consensus est mou, mais celui-ci surtout).
Ce qui fait l'intérêt d'un bloguerôle, c'est qu'il doit ouvrir vraiment vers ailleurs et ne pas être une simple liste de contacts tous enfermés dans la même plateforme, avec les mêmes références en circuit fermé. Et chaque bloguerôle peut être (doit être) différent des autres parce qu'au fond c'est le blogueur qui manifeste ses choix, ses désirs, ses partis pris, lesquels n'ont pas à être ceux d'une communauté. Et même un blogueur n'a pas à être systématiquement d'accord ou en correspondance avec tous ses commentateurs afin d'obtenir leur bienveillance.
19:10 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
C'est vrai que sur mon i-rimoire et i-rimoire notoire (quand je dis notoire, je plaisante bien-sûr), il n'y a pas beaucoup de commentateurs, et ce sont toujours les mêmes. On ne commente pas toujours les textes que je voudrais que l'on commente, et pas toujours les passages que je voudrais que l'on commente, parfois il y a 25 commentaires, dont les derniers n'ont plus rien à voir avec l'article lui-même, parfois il n'y a rien du tout; Certains changent de thème dès le premier commentaire, d'autres à partir du 5ème, du 10ème ou du 15ème, parfois il y a 20 commentaires à 2 ou 3 personnes seulement, parfois il n'y a désespéremment rien. On commente aussi mes commentaires de disques qui n'ont pas de commentaires ouverts sous une autre note. Je suis aussi pour le commentaire ciblé, quand je vais chez les autres je cible la note, mais on ne fait pas toujours la même chose chez moi. Il suffit que j'écrive :"Tiens, je n'ai pas beaucoup de lecteurs en ce moment" pour que 3 personnes viennent me consoler et ensuite il n'y plus personne pendant 3 notes, c'est d'ailleurs comme cela que j'ai eu le premier commentateur de mon blog Bona. Des commentaires ciblés ne sont pas forcément des critiques, mais des ajouts à ce que l'on dit. J'ai essayé de montrer sur des notes que l'on ne m'avait jamais commenté comment j'aimerais être commentée en faisant des exemples, mais personne n'est allé regarder. J'écris toujours ce qu'il me plaît d'écrire, de la pointe d'humour au rimaillon gratuit, de la réflexion philosophique aux travers de la société (exemple "les chiens à roulettes" que personne n'a commenté). Les blogs qui ont le plus de succès sont les blogs de politique ou ceux qui font des poèmes classiques, ou ceux qui racontent leur vie d'une façon désespérée ou humoristique, ou ceux qui ont mis leur photo et ont une tête sympathique, je vais en reparler parce qu'il faut que je continue mon écrit mi-satirique, mi-tendre sur "le château des blogs", parfois j'ai des férénésies d'écriture et j'écris dix notes d'un coup. J'écris aussi ailleurs que sur HAUT et FORT, certains de mes autres blogs sont en lien, avec les commentaires que j'ai ouvert aux utilisateurs non enreistrés, mais personne de HAUT et FORT ne vient. De là et des liens qui sont sur mes profils et mes liens direct on a accès au monde entier, on peut aussi commenter des photos intéressantes, photo par photo. Il y a beaucoup de liens en anglais et en allemand, mais aussi en français. Sur ces blogs, on ne voit pas tout de suite son commentaire apparaître, car on peut lire le commentaire et choisir de le publier ou non, c'est une sécurité quand on a beaucoup de blogs, que l'on ne va pas voir tous les jours, car les commentaires et les liens arrivent sur notre mail, et cela évite de publier des commentaires avec des liens illégaux, ou des textes trop osés. Quand on est prof, il faut faire attention.
Bon, voilà, je vous ai fait unlon commentaire en restant dans le sujet...
Écrit par : domino | jeudi, 15 juin 2006
Erratum :"i-grimoire et i-rimoire".
Écrit par : domino | jeudi, 15 juin 2006
2ème Erratum : un long commentaire au lieu de unlon commentaire.
3ème erratum : Lire frénésie au lieu de férénésie.
PS :"En tout cas, un i-rimoire ou i-grimoire, ça apprend à écrire !"
domino, la journaliste alternative.
Écrit par : domino | jeudi, 15 juin 2006
Merci ! Ca repose (un peu) l'horripilateur trop souvent sollicité...
Écrit par : MiniPhasme | vendredi, 16 juin 2006
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