samedi, 03 juin 2006
Dans le palais de mon frère
J'ai choisi pour le jeu artistique et littéraire de fin de semaine un texte de l'un des plus grands écrivains français vivants ; même si son nom fait encore grincer des dents chez ceux qui ne l'ont jamais vraiment lu, on commence vraiment à lui rendre hommage cette année. J'avais envie de parler de lui parce que c'est un des auteurs que je respecte le plus et qui m'a ouvert le plus d'horizons, un passeur ; je crois que je reviendrai pour donner certains textes critiques ou poétiques. Je l'avais rencontré il y a quinze ans et il était venu dans sa salopette traditionnelle. Il avait écrit un texte pour un album consacré à un autre monstre, peintre lui, mais le texte n'avait pas été jugé assez conforme par l'éditeur et à ma connaissance il ne figure jusqu'à présent que dans un seul volume. L'extrait ne parle pas d'un tableau précis ou d'un dessin particulier, mais il évoque plusieurs thèmes propres à ce peintre et notamment la figure la plus centrale de cet artiste.

Dans le palais de mon frère d'innombrables grilles s'ouvrent et se referment constamment, et sur ces grilles il y a des fenêtres qui donnent sur des chambres de ténèbres qui s'illuminent parfois lorsqu'un rayon du Soleil de midi parvient à se faufiler par les corridors à miroirs, ou du matin ou du soir par des tunnels ou des canaux, ou de la Lune même à minuit, par des fontaines, ou lorsqu'on allume une lampe.
Et certains de ceux qui cherchent depuis des années leur voie parmi ces grilles, ces panneaux, ces vitres, ces volets, ces papiers et ces murs, quêtant la solution, l'issue, ne peuvent s'empêcher de s'y enfoncer pour s'y revêtir de leur splendeur et y boire une fameuse gorgée d'alcool, d'eau fraîche ou de poison. Certaines sont bleues, d'autres vertes ou roses, certaines sont cristallisées, d'autres carrellées, vitraillées ou brodées, certaines sont caresses, murmures, écumes, d'autres sont tenailles, étals, échafauds, et il en est qui font pénétrer dans le mugissement des taureaux en fureur, d'autres dans le tonnerre ou le raz de marée ; et il y a des armoires pleines de papier, de charbon, de ficelle et de lampe.
00:00 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note



Commentaires
Michel Butor ?
Écrit par : lamkyre | samedi, 03 juin 2006
Vermeer ?
Écrit par : MiniPhasme | samedi, 03 juin 2006
Non ! Absurde ! Delacroix ou Rembrandt ?
Écrit par : MiniPhasme | samedi, 03 juin 2006
Ah non. Aucun de ces peintres. En fait, l'auteur a utilisé une narratrice comme on le découvre à la fin du texte.
Écrit par : Dominique | samedi, 03 juin 2006
Dernière tentative : Escher...
Écrit par : MiniPhasme | samedi, 03 juin 2006
Je préviens que lamkyre a trouvé le nom de la narratrice et le nom du peintre.
Écrit par : Dominique | samedi, 03 juin 2006
Ce n'est pas Escher, mais la piste du lieu est bonne : il faut juste imaginer un personnage dedans et ce personnage a été souvent un autoportrait de ce peintre.
Écrit par : Dominique | samedi, 03 juin 2006
Magritte ?
Écrit par : LOBO | samedi, 03 juin 2006
Je n'avais aucune chance aujourd'hui : lamkyre était réveillée.
Bonne idée de donner les réponses en privé : cela permet aux lève-tard de chercher quand même, bien que quelqu'un ait déjà trouvé.
Écrit par : Sylvie | samedi, 03 juin 2006
Lobo, ce n'est pas Magritte, vous vous laissez égarer par les histoires de miroirs et de fenêtres, mais l'époque est bonne. Il faut se demander d'abord ce qu'est ce palais et qui peut bien s'y trouver.
Sylvie, je constate que monsieur KA reçoit maintenant les réponses en privé pour son jeu du jour (je n'aurais que quatre réponses à donner chez lui, ma culture photographique est nulle ou presque).
Écrit par : Dominique | samedi, 03 juin 2006
Je n'ai pas osé proposer Ernst...
Écrit par : MiniPhasme | samedi, 03 juin 2006
Il y un a un minotaure dans le palais et c'est Picasso qui l'a peint. Il s'agit d'une proposition un peu desespérée.
Écrit par : LOBO | samedi, 03 juin 2006
Le minotaure se ballade dans le palais de Minos, qui a pour frêre Rhadamante. Et vous me reprochez de m'égarer. C'est Rhadamante qui écrit. Vous venez de révéler l'identité secrète de Butor qui étair juge aux Enfers avant d'être écrivain. je ne vois que ça et je maintiens en tremblant mon Picasso.
Écrit par : LOBO | samedi, 03 juin 2006
Dominique, le jeu de KA ne fait pas appel à la culture "photographique", il me semble...
Écrit par : MiniPhasme | samedi, 03 juin 2006
Le Minotaure avait plein de frères et soeurs.
Écrit par : Ariane | samedi, 03 juin 2006
Pas tant que ça, certains sont morts jeunes.
Écrit par : Androgée | samedi, 03 juin 2006
Et ils n'étaient que demi-frères ou demi-soeurs...
Écrit par : Castor et Pollux | samedi, 03 juin 2006
C'est bien Picasso qui s'est souvent peint en minotaure (il a même fait l'illustration de la revue du même nom si mes souvenirs sont bons) ou en taureau, avec des séries fort complexes qui unissent le sexe, la mort, la peinture et l'Espagne. La narratrice est Ariane, mais à la fin du texte Butor fait un énallage lorsqu'elle est recueillie par Dionysos. Je pense que je donnerai d'autres extraits de ce texte dans la catégorie Littérature car il tisse un très grand nombre de liens.
Écrit par : Dominique | samedi, 03 juin 2006
Picasso, j'aurais dû y penser. Je m'en veux.
Écrit par : Sylvie | samedi, 03 juin 2006
En photographie, je ne connais que Doisneau et Willy Ronis.
En peinture, j'en connais à peine plus.
Écrit par : Sylvie | samedi, 03 juin 2006
si la terre oublie la mer si le soleil oublie le ciel je n'oublie pas ton nom (khadidja)
Écrit par : magta mustafa | lundi, 26 février 2007
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