mardi, 30 mai 2006
L'absence, le silence
Dans certains blogues, le fait de ne plus écrire de nouveaux textes, que ce soit comme billets ou comme réponses, est une manière d'entretenir l'intérêt du public supposé. Bref, de le manipuler. On laisse passer des jours de silence, les messages commencent à venir un peu inquiets, on rassure en disant que l'on a autre chose à faire pour l'instant parce qu'on est débordé ou que l'on n'est pas d'humeur, bref... l'absence peut être une manière de se faire rappeler, de se faire dire combien l'on est important, comme l'on devrait encore écrire d'autres choses pour le cher public chéri. Dans la dynamique de groupe, c'est un procédé fort efficace parce qu'il permet de souder plus fidèlement un entourage, mais c'est risqué si on n'a pas pris le soin de faire en sorte que des gens nous suivent. On se fait désirer, comme les stars.
Le silence est alors non la marque de l'absence, mais bien d'une présence irréelle parce que la présence est demandée de manière plus évidente et que cette présence se répète en échos du nom demandé, vide de toute pensée sauf la demande de la présence, ici et maintenant. Il n'y a rien, juste du nom demandé et relancé. Du nom quelque soit le contenu et le sens. Et au bout de ces manifestations du désir, on trouve ou bien le silence absolu, ou bien une relance du mécanisme qui enchaîne les lecteurs à leur auteur sans que ceux-ci lui en veuillent, malgré son imposture. Une sorte de machine infernale qui empêche de penser, de rêver, d'écrire par soi-même puisque l'on se conforme aux désirs de l'autre et que l'on se soumet à lui alors que le silence pourrait être une chose simplement respectable.
20:23 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Il est beau ce texte.
Écrit par : LOBO | mercredi, 31 mai 2006
Écrire un commentaire