dimanche, 07 mai 2006
La mort de Vladimir Maïakovski (2)
N'accusez personne de ma mort et, s'il vous plaît, pas de commérages. Le défunt les détestait terriblement.
Maman, sœurs et camarades, pardonnez-moi : ce n'est pas un moyen (je ne le conseille pas aux autres) mais il n'y a pas d'issue pour moi.
Lilia, aime-moi.
Camarade gouvernement, ma famille c'est Lilia Brik, maman, ma sœur et Véronika Vitoldovna Polonskaïa.
Si tu leur procures une existence possible, merci.
Comme on dit
« l'incident est clos »
le canot de l'amour se brisa
contre la vie quotidienne
J'ai réglé mes comptes avec l'existence
Inutile d'énumérer
les douleurs
les malheurs
les offenses réciproques
Soyez heureux
Vladimir Maïakovski
Camarades de la VAPP, ne me croyez pas lâche
Sérieusement, il n'y a rien à faire.
Salut.
Dites à Ermilov que c'est dommage qu'il ait renoncé à ses affirmations, il aurait fallu mener à bout l'engueulade.
V. M.
Il y a 2 000 roubles dans ma table, remettez-les au fisc. Vous toucherez le reste aux éditions d'État.
V. M.
14 avril
Une réunion extraordinaire de la Fédération des Écrivains Soviétiques a eu lieu.
Une commission est créée pour organiser les funérailles de V. Maïakovski.
La Gazette Littéraire, 17 avril
14 avril
À 18 h 30 m les scupteurs K. Loutski et K. Koutchérov ont prélevé le masque du défunt.
La Gazette littéraire, 17 avril
Depuis 28 ans je cultive mon cerveau
non pas pour humer
mais pour inventer les roses.
Maïakovski, la Cinquième Internationale
14 avril
20 heures. Les professeurs de l'Institut de l'Anatomie du Cerveau prélèvent le cerveau de Maïakovski pour l'étudier. Il pèse 1 700 grammes. Le poids moyen d'un cerveau d'homme varie entre 1 300 et 1 350 grammes.
La Gazette littéraire, 17 avril
14 avril
À minuit le corps de V. Maïakovski est transporté dans le Club de la Fédération des Associations d'Écrivains Soviétiques.
La Gazette littéraire, 17 avril
Le chauffeur de taxi hélé au hasard par Kirsanov, apprenant que ce dernier était pressé de se rendre auprès de Maïakovski mort, le conduisit à destination et refusa catégoriquement d'être payé...
La Gazette littéraire, 17 avril
Montage : Vladimir Pozner
16:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
La wikipédia émet des doutes quant au "soyez heureux !" final :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Mayakovski
Écrit par : Elzévir | dimanche, 07 mai 2006
Je cite la traduction des dernières lettres, cette traduction (1930) est immédiatement postérieure aux textes publiés en russe. La phrase que vous citez est un prétendu propos oral qui serait attribué à Maïakovski alors que cela figure comme écrit dans une des lettres d'adieu toutes en capitales (que j'ai supprimées), à supposer que ce texte serait vraiment de Maïakovski, de sa main et pour cette circonstance (ce qui n'est toujours pas si évident pour les gens qui comme moi doutent encore de beaucoup de détails du suicide ou de la réalité d'un suicide). Je donne des documents historiquement datés, filtrés, peut-être trafiqués, et je ne sais rien de Maïakovski ou de ses derniers instants. Où est la vérité et qui a tué Maïakovski ? On peut encore s'interroger, seulement s'interroger, sur cette énigme. Qui a tué Maïakovski ?
Écrit par : Dominique | dimanche, 07 mai 2006
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