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samedi, 06 mai 2006
La mort de Vladimir Maïakovski (1)
La parole
est à vous
camarade mauser,
Maïakovski, Marche gauche, 1918
Hier, le 14 avril, à 10 heures 15 minutes du matin, le poète Vladimir Maïakovski s'est donné la mort dans son cabinet de travail(Loubianski proezd. 3) Le juge d'instruction, camarade Syrtsov, a déclaré à notre rédacteur que, selon les premiers renseignements recueillis, le suicide a été provoqué par des raisons strictement personnelles et qui n'avaient rien à voir avec l'activité sociale et littéraire du poète. Le suicide a été précédé d'une longue maladie dont l'écrivain ne s'était pas complètement remis.
Izvestia, 15 avril
Sonnerie du téléphone :
— Il y a vingt minutes Maïakovski s'est suicidé.
— Laissez ça, nous ne sommes pas le premier avril. Cependant, oui, aujourd'hui c'est le 14, c'est donc le premier vieux style. Ces blagues datent du vieux style.
— Seigneur Dieu, ce ne sont pas des blagues ! Venez vite Loubianski proezd. Numéro trois, appartement douze.
— Vous savez l'adresse mais vous ignorez Maïakovski. Cela ne me suffit pas. Choisissez quelqu'un d'autre pour vos mystifications.
Mikhaïl Koltsov, Qu'est-ce qui est arrivé
Si je croyais à l'outre-tombe...
Une promenade est facile.
Il suffit d'allonger le bras, –
la balle aussitôt
dans l'autre vie
tracera un chemin retentissant.
Que puis-je faire
si moi
de toutes mes forces
de tout mon cœur
en cette vie
en cet
univers
ai cru
crois.
Maïakovski, Cela, 1923
Dans une minuscule pièce mal aérée, jambes et bras écartés, est étendu ou plutôt traîné l'énorme Volodia Maïakovski. La tête est posée de côté sur une lame de parquet. La bouche est à peine entr'ouverte, les cheveux légérement ébourrifés. Le blanc des yeux a une expression immobile, sensée...
Mikhaïl Koltsov, Qu'est-ce qui est arrivé
Montage : Vladimir Pozner
19:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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