vendredi, 07 avril 2006

Arabesques

Je parcours peu à peu le dernier livre d'Henriette Walter, en collaboration avec Bassam Baraké, Arabesques, et j'en extrais la matière d'un petit jeu. Voici des mots arabes issus du français. Il s'agit de retrouver les mots français et de deviner le sens en arabe. DB est interdit de jeu, sous quelque avatar qu'il se présente (parce que je saurai le reconnaître comme les autres fois), je donne parfois une forme très dialectale et donc une forme assez éloignée du français. Il y a à chaque fois une petite astuce linguistique ou un trait phonétique, un changement sémantique qui peut faire l'objet d'un développement.

amarch

ananvan

ardichawki

abajora

bartma

marcharé

sbirinn

sansour

aboka

annchouna

isfilt

mortissour

Commentaires

A Alger, vers 1968-1969, je prenais des cours d'arabe dialectal donnés par un camarade de fac (il était Père blanc et flamand).
Il expliquait que les Algérois avaient trois mots pour dire "voiture".
Le premier, un peu désuet, était karosa.
Les deux autres, lôto et toumobil.

Mais pendant ce temps, à côté de la Grande poste, la langue se montrait plus emprunteuse encore dans la bouche des jeunes qui vantaient leurs denrées : Achra douro baké chouingoum!
Achra (arabe) "dix"
Douro (espagnol) "sou" - ou 5 anciens francs
Baké (français) "paquet"
Chouingoum (américain)...

Ecrit par : Pierre Enckell | vendredi, 07 avril 2006

PE : Les deux autres, lôto et toumobil.

Ces deux mots montrent ce qui arrive aussi au français dans d'autres langues comme le wolof ou le malgache, avec des agglutinations de l'article ou des coupes inattendues par fausse lecture d'un article. Et inversement, on peut se demander comment on a traité les mots étrangers.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 07 avril 2006

Abat-jour, censeur, aspirine, amortisseur ?

Ecrit par : Papotine | vendredi, 07 avril 2006

et peut-être aussi : artichaut ?

Ecrit par : Papotine | vendredi, 07 avril 2006

Bon, je me jette à l'eau.

amarch : ça marche !

ananvan : en avant

ardichawki : artichaut

abajora : abat-jour

bartma : ?

marcharé : marche arrière

sbirinn : aspirine

sansour : ascenseur

aboka : avocat (?)

annchouna : ?

isfilt : ?

mortissour : amortisseur

Ecrit par : lamkyre | vendredi, 07 avril 2006

bartma : appartement ?

Ecrit par : Jacques Layani | vendredi, 07 avril 2006

Papotine : Abat-jour, censeur, aspirine, amortisseur ?
et peut-être aussi : artichaut ?


Oui, sauf pour le censeur.

Lamkyre : amarch : ça marche !
C'est l'origine, pas le sens.

anavan : en avant
Va pour l'origine, mais le sens ?

ardichawki : artichaut
Oui. Et le truc amusant, c'est que le mot français est venu lui-même de l'arabe, par l'espagnol et que l'on ne voit plus l'article 'al agglutiné !

abajora : abat-jour
Je me dis que certains Pieds-Noirs devaient ajouter des e muets à la fin des mots terminant par consonne et que ces e muets se sont retrouvés ensuite en a dans l'arabe (par exemple, bolissa, police d'assurance).

bartma : ?

Penser que le p n'existe pas en arabe.

marcharé : marche arrière

Voilà. C'est le dispositif pour faire marche arrière dans une voiture. Arabe égyptien

sbirinn : aspirine

Exactement. La forme est marocaine, mais on dit laspirinn en Algérie avec agglutination de l'article alors qu'au Maroc le a initial a été pris comme une partie de l'article (plus le changement classique de p en b).

sansour : ascenseur

Exactement. Avec une fausse coupe d'article et un changement de vocalisme.

aboka : avocat (?)

Oui. Le v n'existe pas en arabe, mais il y a quand même avocato au Liban sur le nom espagnol du fruit.

mortissour : amortisseur

Voilà. Fausse coupe. La mortisseur. Puis changement de vocalisme puisque l'arabe a moins de voyelles que le français.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 07 avril 2006

On peut ajouter : garro pour cigarette et triciti pour électricité.

Ecrit par : Jacques Layani | vendredi, 07 avril 2006

isfilt : asphalte ? (Une proposition de Martine).

Ecrit par : Jacques Layani | vendredi, 07 avril 2006

JL : bartma : appartement ?

Exactement, le terme est propre au Maroc. On a dans ce mot une foule de choses qui montrent la différence entre le français et l'arabe ou comment on fait les emprunts : perte de la nasalisation de la voyelle ment devient ma, conservation de la syncope classique du e interne en français mais sans notation, changement de p (absent de l'arabe classique) en b, puis fausse coupe : la part'ment.

JL : isfilt : asphalte ? (Une proposition de Martine).

Exactement. Et je me demande pourquoi puisque a est une des voyelles de l'arabe.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 07 avril 2006

Je reprends, le sens d'abat-jour a étendu en arabe syrien, quel autre objet est désigné ainsi ?
Amarch était bon pour l'origine, mais cela désigne un objet précis, lequel ?
Anavan est bon pour l'origine, mais qu'est-ce que cela veut dire ? (La réponse se trouve dans un autre mot de la série.)
Enfin, quel est le sens d'annchouna ? Un indice : ce mot faisait partie de la discussion métaphysique et eschatologique entre Marguerite D. et Éric C. dans le quotidien L. au sujet de la composition des pizzas.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 07 avril 2006

Annchouna, c'est : anchois.

Anavan serait peut-être l'opposé de marcharé ?

Ecrit par : Jacques Layani | vendredi, 07 avril 2006

Annchouna est la forme égyptienne pour l'anchois, mais on a aussi anchwa plus proche. Ananvan, c'est bien le contraire de marcharé (Égypte)) ou aryer : le fait ou le dispositif qui permet d'aller en avant ou en arrière dans un véhicule.

Ecrit par : Dominique | vendredi, 07 avril 2006

Salam,Bonjour,
Par hasdard,je découvre votre blog lequel consacre un espace au langage Algérois.
Je vous propose,si cela vous tenterait, une ballade virtuelle dans les rues et ruelles d'Alger via mon blog :http://biladi.skyblog.com/

Salutations

Ecrit par : Djamal | mercredi, 19 avril 2006

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