jeudi, 06 avril 2006
Quatrevingt-treize fois encore ouïr
J'ai écrit deux nouvelles pages, l'une concerne la graphie du titre du roman d'Hugo Quatrevingt-treize (une simple addition de citations sans l'élément qui pourrait motiver la forme, mais cela pourrait grossir avec un peu plus de recherches pour savoir quand Hugo a commencé à écrire ça et surtout pour retrouver ses justifications face à ses éditeurs). Elle est accessible par les pages sur septante (dans le cabinet) et sur l'écriture des nombres (dans l'atelier), je ne la mets pas en lien direct parce que j'aime bien que l'on fouille et que l'on ne se contente pas de la vitrine (il y a parfois des pages cachées comme cela au détour des liens). L'autre est sur le verbe ouïr (plus une page d'illustration en lien).
21:16 Publié dans Au domicile des mots dits et écrits | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



Commentaires
Le T majuscule de Treize dans votre titre est-il voulu? justifiable?
Ecrit par : Pierre Enckell | jeudi, 06 avril 2006
Pas vraiment. J'appliquais la règle la plus courante qui veut que l'on remonte tous les adjectifs jusqu'au premier nom avant d'arrêter la capitale, mais j'ai un très gros doute pour le titre d'Hugo. Cela dit, j'ai pour moi l'édition de Bernard Leuilliot qui fut mon maître un temps :
http://www.journaux.fr/images/livres/9782253160786.jpg
Mais je ne me suis jamais posé la question de la règle d'écriture d'un titre avec des nombres composés ou soudés comme : Les Quatre-Cent-Vingt-et-Un contre les Six-Quatre-Deux (gros casse-tête typo).
Ecrit par : Dominique | jeudi, 06 avril 2006
On pourrait ajouter encore cette réalisation populaire qui exprime certains nombres par une sorte d'épellation : le neuf-trois, appellation devenue courante du département de la Seine-Saint-Denis, n'a rien de bien nouveau, puisque d'après plusieurs témoignages les numéros des régiments ont été exprimés autrefois de la même manière :
Nous devions avoir devant nous les trois autres bataillons du régiment – le quatre-six avait quatre bataillons […]. (Jules Romains, Sur les quais de la Villette, 1914, p. 34.) Il y avait dans la caserne deux cantines du quatre-six, et deux du huit-neuf. (Ibid., p. 48.)
Là étaient déjà installées les recrues du vingt-troisième colonial, du cinquième d’infanterie et du « quatre-six » de Reuilly. (Maurice Fombeure, Soldat, 1935, p. 31.)
De temps en temps, je regarde bien les soldats qu’on voit en chemin, leurs écussons, leurs numéros, mais j’en ai pas encore rencontré du « quinze-deux »… (Yves Gibeau, Les Gros sous, 1953, p. 170-171.)
Ecrit par : Pierre Enckell | vendredi, 07 avril 2006
"Ce titre de Victor Hugo mérite un temps d'arrêt. La graphie ne respecte pas les règles d'orthographe habituelles. Elle est de Victor Hugo seul."
Précisément, Hugo fait partie des références incontestées. Quand on dit : "Telle chose est attestée par Hugo", en général, peu de gens réfutent. Qu'il soit seul à orthographier ainsi empêche-t-il que cela fasse autorité ? Au vrai, je ne comprends pas toujours à partir de quand s'exerce l'autorité en question.
Je remercie Pierre Enckell pour ses précisions sur le numéro des régiments.
Ecrit par : Jacques Layani | vendredi, 07 avril 2006
PE : (...) Là étaient déjà installées les recrues du vingt-troisième colonial, du cinquième d’infanterie et du « quatre-six » de Reuilly. (Maurice Fombeure, Soldat, 1935, p. 31.)
Se peut-il que le « quatre-six » en question n'ait pas désigné un 46ème régiment, mais plutôt un 4ème XXX (p.ex. régiment) du 6ème YYY (p.ex bataillon) ?
Comme on peut aussi entendre de Untel qu'il est fourrier à la 3 du 7, ce qui désigne une compagnie et un bataillon.
Plus loin, vous citez du reste un 15-2.
À noter qu'à ma connaissance, les escadrons d'aviation ont en France des numéros au format XX/YY (par exemple escadron de chasse 3/11).
Tandis que le 9-3 est clairement un raccourci de langage.
Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 07 avril 2006
Question intéressante, Ponte Facto.
Mon savoir militaire est fort limité, et basé uniquement sur des textes. Je ne saurais distinguer à vue d'oeil un bataillon d'un régiment.
Mais la première phrase de Jules Romains me paraît bien indiquer que "le quatre-six" est un régiment comprenant quatre bataillons.
Le régiment (dictionnaire, dictionnaire!) est une unité commandée par un colonel. Si un régiment "quatre" devait appartenir à une unité "six" plus grande, celle-ci devrait alors être commandée par un général. Mais traduire la seconde phrase de Romains par *"le huitième régiment de la neuvième armée" me paraît peu plausible.
Y a-t-il un colonel dans la salle?
Ecrit par : Pierre Enckell | vendredi, 07 avril 2006
PE : Je ne saurais distinguer à vue d'oeil un bataillon d'un régiment.
Ben, n'étant moi non plus pas très porté sur la chose militaire, je me rabats sur Ternette et trouve ceci : (copié-collé avec les fautes et tout)
"BATAILLON fraction d'un régiment qui, en termes militaires, représente l'unité tactique de l'infanterie. La force d'un bataillon est d'environ 5 à 600 hommes, partagés en 6 compagnies, dont 2 de dépôt. On distinguait autrefois les compagnies d'élite, grenadiers et voltigeurst des simples fusiliers. Le nombre des bataillons de chaque régiment a fréquemment varié, ainsi que le nombre d'hommes de chaque bataillon; auj. il y a 3 bataillons par régiment. Chaque bataillon est sous les ordres d'un officier supérieur appelé chef de bataillon ou commandant. Ce grade, placé immédiatement au-dessus de celui de capitaine, a été créé en 177/i : il a pour signes distinctifs une épaulette à graines d'épinards à gauche et une contre-épau-lette à droite. Le chef de bataillon est responsable de l'instruction théorique et pratique du bataillon il surveille la discipline, le service, la tenue, l'entretien des effets, etc. Sous le dernier empire, dans la Garde nationale, le bataillon était l'unité de corps ; il était partagé en six ou huit compagnies de 2 à 300 hommes. Avant 1852, le bataillon était une fraction de lalégion : on en comptait 4 par légion."
Donc le 4-6 pourrait être le 4ème bataillon du 6ème régiment, comme le laisse d'ailleurs supposer la phrase de J. R.
La question, maintenant, c'est de savoir à quoi peut bien ressembler une épaulette à graines d'épinards (à gauche) et sa contre-épaulette à droite...
Ecrit par : Ponte Facto | vendredi, 07 avril 2006
En attendant une opinion autorisée, je saute du coq à l'âne.
La définition fournie par Ponte Facto m'a intrigué, et je constate qu'elle provient d'une entreprise assez stupéfiante nommée Divirama. Ces gens (si ce sont bien des gens) ont mis en ligne, avec moult fautes de copie, je ne sais quel dictionnaire médiocre vieux d'un siècle et demi, et proposent ses définitions vétustes, sans aucune mise en garde, aux internautes d'aujourd'hui. Et pourquoi donc? Ah, colossale finesse! Dès que le mot le permet, la définition est accompagnée de liens publicitaires. Ainsi, à l'entrée "Juifs" - au pluriel, oui, et totalement anachronique -, on trouve mention d'un supermarché offrant des "produits et services pour les Juifs" et de deux cabinets d'avocats...
Vous me direz peut-être que ce procédé abominable, où n'importe quoi est sponsorisé par portnawak, est bien connu et pratiqué depuis longtemps sur la toile. Eh bien, je n'en savais rien. Et il me révolte. Que faire?
Ecrit par : Pierre Enckell | samedi, 08 avril 2006
Les liens publicitaires semblent venir plutôt de Google auquel ce prétendu service s'est affilié. Les liens publicitaires de Google sont pour une part fixes (achat des AdWords, cas des multiples mots clés achetés par l'UMP et ayant fait l'objet d'une polémique dont je me suis fait le relais), pour une part générés de manière aléatoire par un robot qui prend les mots de manière étrange (on peut ainsi tomber sur un lien pour des piercings à la langue si on veut consulter un forum sur les langues vivantes, mais cela peut être parfois bien plus farfelu).
Il y a donc deux choses différentes : les méthodes publicitaires de Google qui sont maladroites et malhonnêtes ; la mise en ligne d'un texte ancien sans aucune précaution et présentation, mise en ligne pour produire en fait des revenus publicitaires.
Ecrit par : Dominique | samedi, 08 avril 2006
PE : (...) ont mis en ligne, avec moult fautes de copie, je ne sais quel dictionnaire médiocre vieux d'un siècle et demi (...)
Hem... qu'on ne se méprenne pas sur ma personne, je n'ai fait que prendre le premier lien indiquant une différence entre bataillon et régiment.
Ceci dit, les fautes présentes dans ces articles sont pour la plupart les exemples types d'erreur de reconnaissance d'un texte scanné (p. ex. la date 177/i)
Ecrit par : Ponte Facto | lundi, 10 avril 2006
Les commentaires sont fermés.