mercredi, 05 avril 2006
Le CPE vu de Champignac
Comment écrire comme un cochon ? L'Oignon nous l'apprend. Je n'embaucherais pas le journaliste, même en CNE ou CPE.
Il est onze heures place de Verdun : l'encadrement est affaire de routards de la protestation, syndicats classiques où cependant le rouge de la CGT prédomine.
J'ignorais que le terme routard (mot déposé par monsieur Gloaguen et interdit de reproduction) était le terme exact pour désigner une personne expérimentée comme un briscard ou un grognard. Admirons au passage l'apposition de « syndicats classiques » (et la construction de l'expression) comme complément de « routards ».
Durant midi, au milieu de la sono et des sandwiches, la scène est d'un calme surréaliste au cœur de Champignac vide de circulation
Incroyable ! Il y a de la sono et c'est calme... Bien plus ! le calme est surréaliste (le contraire l'aurait été aussi). Le surréalisme est vraiment le mot passe-partout qui exprime tout et inversement. En outre, les sandwichs entourent la place, la cernent, la bouclent comme la sono et ça c'est vraiment surréaliste. J'imagine des cortèges de sandwichs (des Paris-Brest, des Paninis, des kebabs) qui défilent en chœur pour réclamer plus de beurre ou de laitue.
Au pied du ballast, Emmanuel Pauthier, directeur des gares pour le secteur Sud de la champagne-Ardenne s'inquiète.
Je me demande à quoi ressemble ce ballast puisqu'il s'agit en fait de l'empierrement des voies ferrées entre les rails et autour d'eux . Est-ce que l'on dirait au pied du trottoir, de la route, du plancher ?
Pas uniquement parce que trois trains sont bloqués, avec des incidences « boules de neige » jusqu'au delà de frontières françaises.
J'ignorais qu'il existait des frontières intérieures en France (du côté de Llivia et de Monaco, peut-être.)
S'ensuit un face-à-face avec Damien Michaudet, le leader, drapeau rouge dans l'âme.
J'espère que cela ne fait pas mal de se planter un drapeau dans le cœur, mais on ne peut plus rien dire contre les percinges, c'est tellement à la mode.
Au responsable de l'État qu'il lui attribue le qualificatif de chef le mettant de fait devant ses responsabilités de leader, le jeune homme repond
Quel gloubiboulga...
Dernière petite tension. Dernière grosse diplomatie de la part des policiers champignaciens.
Ah ! maintenant, la diplomatie devient une intervention. Remarquons au passage que la diplomatie est d'habitude un art réputé pour sa finesse, son sens des nuances et sa subtilité, mais on apprend qu'elle peut devenir grosse...
14:29 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



Commentaires
Remarquable, vraiment remarquable. Je vais m'abonner à ce journal. Une bonne cure de charabia, rien de tel.
Ecrit par : Jacques Layani | mercredi, 05 avril 2006
L'article n'a pas été écrit par un vieux routier du journalisme.
Quant aux syndicats classiques, soit ils ont renoué avec la pratique du latin (mais je ne vois guère que la CFTC, et encore, pour ce faire), soit ils connaissent la musique, soit encore ils remontent à Louis XIV, ce qui paraît curieux, la loi Le Chapelier de 1791 étant passée par là...
Ecrit par : Luc Bentz | mercredi, 05 avril 2006
C'est à cause de gens comme vous, mon cher Dominique que l'on ne peut même plus faire son métier en paix. Quelle plaie. Car justement c'est très profond d'insinuer que la diplomatie est grosse.
Heu blague à part, je le trouve délicieux cet article : aux petits oignons ?
Ecrit par : shah- ex-journaliste | mercredi, 05 avril 2006
shah, c'est cruel de donner en signature une URL où on se casse le nez.
Ecrit par : lamkyre | mercredi, 05 avril 2006
Oui, Lamkyre, c'est le shah qui se mord la queue.
Ecrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 05 avril 2006
Hum... Shah ouvre et ferme l'accès à son blogue de manière assez variable, cela change selon les heures de la journée ou selon les jours ou ses humeurs ou la fantaisie du blogiciel, en tout cas j'avais encore pu le regarder la semaine dernière, vendredi je crois.
Ecrit par : Dominique | mercredi, 05 avril 2006
Je croyais bêtement que c'était le chien qui se mordait la queue, si les empereurs s'y mettent aussi, on va bien danser.
Désolée pour le faux lien Lamkyre. Il figure là parce qu'il était pré-enregistré et que j'ai oublié de l'enlever. (J'ai le deuil un peu long, à moins que ce ne soit de la paresse).
Je n'ai pas touché à mon blogue depuis que j'y ai installé l'accès limité (je ne l'ai pas définitivement fermé car je n'ai pas encore déménagé les deux textes que j'aimerais sauvegarder). Les variations dans l'accès proviennent de Haut et Fort. Pendant quelques jours on pouvait accéder au seul écrit de la page d'accueil mais pas aux rubriques. Et le mot de passe n'était pas demandé. Je n'ai pas du tout compris pourquoi, et ai évité (enfin presque) de faire de la paranoïa: Mais non Shah, me suis-je dit, personne n'a "aspiré" ton blog parce que tu as décidé de le fermer. C'est une habitude très orientale (peut-être) :je vois les services secrets partout !
Quelqu'un a constaté d'autres ratés bizarres chez Haut et Fort ces derniers jours ?
Ecrit par : shah- un peu chienne | mercredi, 05 avril 2006
shah- un peu chienne : « Quelqu'un a constaté d'autres ratés bizarres chez Haut et Fort ces derniers jours ? »
Durant la première quinzaine de mars (plus ou moins), s'abonner au fil de discussion ne servait à rien.
Ecrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 05 avril 2006
Remarquables vos commentaires. J'imagine bien le cortège de sandwichs.
Ecrit par : Anne-Ma | jeudi, 06 avril 2006
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