mardi, 28 février 2006
Les songes
Quand je les couvais pour ce livre,
Ces poèmes d'horreur, de vie et de trépas,
Je les gesticulais, je les parlais tout bas
Sous la pluie et le vent, le soleil et le givre,
C'étaient mes spectres ! tels, souillés par la nature
Me despotisaient gravement ;
D'autres nés de ma peur et de mon navrement
Me hantaient jusqu'à la torture.
Mais tous également ils prenaient mon sommeil,
L'ombre dans mon esprit les tenait en éveil
M'hallucinant de ses mensonges.
Que de fois les minuits m'en vinrent frissonner !
Alors, en vérité pouvais-je, leur donner,
Un nom plus souffert que les Songes.
Maurice Rollinat
18:19 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
"navrement" ... quel tourment !
Un peu poussif non ce poème ?
Écrit par : shah | mercredi, 01 mars 2006
Je reconnais que Rollinat est un poète de seconde catégorie, voire de troisième. C'est un de ces successeurs déliquescents et décadents de Baudelaire qu'il imite beaucoup, sans avoir son sens de la synthèse ou du raccourci. Mais ce n'est pas totalement méprisable car le symbolisme est aussi passé par ces auteurs aujourd'hui oubliés et ce sont eux qui l'ont en quelque sorte banalisé. Je n'ai pas choisi le meilleur texte, c'est le poème liminaire et il sent un peu trop l'application, en plus des clichés convenus sur la poésie qui hante le Poète. Mais il contenait quelques audaces bien dans le style de l'époque : halluciner quelqu'un, despotiser, souffert comme adjectif, navrement comme archaïsme.
Écrit par : Dominique | mercredi, 01 mars 2006
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