mardi, 28 février 2006

Défense du français

Le Monde publie une tribune de Claude Hagège qui prend clairement parti contre la ratification du protocole de Londres au sujet de la langue des brevets industriels.

Commentaires

Des accents à la 1914 pour des préoccupations que la traduction automatique rendra obsolètes dans les dix ou quinze ans, pfffff... Un volontaire pour éveiller au 21e siècle la Belle au bois dormant depuis le 20e ?

Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 28 février 2006

1) Il n'est pas question de traduction, même automatique.
2) Il faudra voir quel texte sera valable juridiquement.
3) Vous êtes un très grand naïf avec votre traduisette.
4) Votre science-fiction est archaïque.

Écrit par : Dominique | mardi, 28 février 2006

Et vlan, le réflexe pavlovien de rigueur. Décevant...
(1) Si la traduction automatique est satisfaisante, qu'importe la langue où le brevet est enregistré ?
(2) Idem (si ça fait une différence, c'est que la traduction était de piètre qualité juridique).
(3) Ça coûte évidemment moins d'efforts d'écrire ça que de trouver des arguments.
(4) Science-fiction ? Science-fait. Ou bien le chikungunya et la grippe aviaire sont de la science-fiction.

Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 28 février 2006

Ce que l'on a compris c'est que de toute manière vous êtes contre l'emploi du français et pour celui de l'anglais seulement, que vous militez sans arrêt contre tout ce qui peut ressembler à une défense du français ou de la diversité linguistique, que vous n'examinez jamais l'aspect humain et social de vos positions, que vous êtes un adepte du libéralisme sous sa forme extrêmiste et intégriste.

Écrit par : Dominique | mardi, 28 février 2006

Je crains de deviner qui est ce « l'on ». Mais j'ai toujours eu bien du mal à croire à la sincérité de la « défense de la diversité linguistique » par les autorités d'un pays qui depuis deux siècles fait ce qu'il peut pour écraser cette diversité linguistique chez lui. Docteur, suis-je normal ?

Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 28 février 2006

Depuis deux siècles ? Les premières lois pour supprimer les parlers régionaux à l'éoole ou à l'affichage datent du Second Empire. Les premières lois pour l'enseignement des langues régionales datent de l'immédiate après-guerre. Vous avez une lecture historique totalement déformée par simple anti-républicanisme.

Écrit par : Dominique | mardi, 28 février 2006

C'est il y a deux siècles que ça a pris une ampleur décisive... puis on a vaguement réagi, quand il était trop tard. Mais, ici comme ailleurs, la polémique m'emmerde... je vous laisse le dernier mot si ça vous amuse. (Ceux qui me connaissent savent à quoi s'en tenir sur mon extrémisme et mon intégrisme.)

Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 28 février 2006

Pendant toute la Révolution, sous l'Empire, la Restauration, la Monarchie de juillet, la IIe République, il y a eu une tolérance pour l'emploi des langues régionales sur les affiches publiques (souvent bilingues), les procès verbaux des conseils municipaux, les déclarations devant les tribunaux. Vous reproduisez simplement les déclarations anti-républicaines les plus stéréotypées et les plus mensongères.

Écrit par : Dominique | mardi, 28 février 2006

Houlà, ça chauffe à Champignac ! Si je puis apporter un éclairage différent au sujet, je dirais la chose suivante. J'aime le français, c'est ma langue maternelle, ma culture et je défends cet héritage dont je suis fier - même si je n'y suis pour rien. Cependant, je m'étonne en lisant cet article parlant de l'assassinat "du français comme langue scientifique (...)"

Au risque de décevoir certains, dans le monde scientifique, on ne va pas bien loin avec le français, parlé par une minorité. Avec l'allemand non plus, du reste ! Il manque au français la flexibilité créatrice par assemblage de mots. Essayez par exemple de traduire un terme comme "build-up" en français ! En anglais, le concpet est limpide, mais, je ne lui ai jamais trouvé d'équivalent satisfaisant en français. La moindre liberté créatrice se ferait d'ailleurs fustiger par certains académiciens tolérant mal ce genre d'exercices.

L'allemand a cette flexibilité, mais est bien trop compliqué. On se retrouve avec des Elektronenmikrosensorstrommesssignalspannungsvorverstärker difficiles à mâcher.

Ayant occasionnellement eu à écrire des brevets pour protéger l'une ou l'autre de nos créations, il ne me serait jamais venu à l'esprit de les écrire en français, puisqu'ils doivent être lisibles dans le monde entier.

Quant au traducteur automatique, mieux vaut en rire...

Sans être totalement hors-sujet, je passe néanmoins du coq à l'âne pour attirer votre attention sur un fait qui n'a probablement pas fait beaucoup de vagues hors des frontières helvétiques, mais qui a son importance : la votation du ouikenne dernier à Schaffhouse sur l'enseignement des langues à l'école.
L'initiative, émanant d'un cercle d'enseignants, visait à supprimer l'enseignement du français à l'école primaire, "pour ne pas surcharger les enfants", et à le repousser au secondaire - sachant que l'anglais est enseigné dès la 3ème année primaire.
Par une bien courte majorité (51.3%), cette initiative a été refusée par le peuple schaffhousois - le français continuera donc à être enseigné dès la 5ème année primaire.
Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares ces temps pour ne pas faire la fine bouche avec celle-ci. D'autant que la Thurgovie et Zoug voteront bientôt sur le même sujet, suivis l'an prochain par Zürich et Lucerne... un vote positif de Schaffhouse aurait probablement risqué d'avoir un effet boule-de-neige ! Mais ce n'est probablement que partie remise...

Écrit par : Ponte Facto | mercredi, 01 mars 2006

Ponte Facto: «Ayant occasionnellement eu à écrire des brevets pour protéger l'une ou l'autre de nos créations, il ne me serait jamais venu à l'esprit de les écrire en français, puisqu'ils doivent être lisibles dans le monde entier.»

Ce que vous écrivez est effarant. Ainsi, il ne vous serait «jamais venu à l’esprit» d’écrire un brevet en français! À quoi sert alors le français, puisque tout ce qui est important est susceptible d’intéresser le monde entier, et devrait donc, de votre point de vue, être rédigé en anglais, le français étant alors relégué à nos arrière-boutiques, arrière-cours et arrière-cuisines. Que le français soit éliminé des sciences est un désastre, ni plus ni moins, et votre désinvolture me consterne. Les raisons internes à la langue que vous avancez sont d’ailleurs vaseuses, et surtout fausses. Le français est tout à fait capable de combiner des mots pour en former de nouveaux. Faut-il vraiment vous le prouver? On trouve facilement des équivalents à build-up, suivant les contextes (car le mot build-up, justement, ne désigne rien de précis, est assez vague au contraire). Il y a autant de termes et d’expressions français malaisés à traduire en anglais que l’inverse. Vous êtes de mauvaise foi quand, d’une manière outrancière, vous ridiculisez l’allemand, à travers un mot que jamais un Allemand ne voudrait ni ne pourrait utiliser. On peut aussi trouver totalement ‘non mâchables’ des constructions telles que ‘University of California School of Medecine’ ou ‘Library of Congress Catalogue Card Number’ (exemples, ceux-là, bien réels).

Comment pouvez-vous concilier cette attitude d’abandon avec une fierté d’être francophone que vous affirmez éprouver par ailleurs? Et vous féliciter de ce que vos compatriotes alémaniques aient décidé de maintenir le français comme langue étrangère à apprendre en priorité? Si vous faites si peu de cas du français, au point de dire qu’il ne mène pas loin, vous devriez, si vous êtes conséquent, recommander que les enfants schaffhousiens etc. apprennent d’abord l’anglais. Où est la logique?

Écrit par : Torsade de Pointes | jeudi, 02 mars 2006

Oh oh, je lis cette note avec un peu de retard et prends connaissance de cette discussion aujourd'hui seulement.

Évidemment, je suis solidaire de tous ceux qui, ici, veulent défendre le français. Il faudrait tout de même parvenir à ce qu'on ne dise plus que le français n'est pas souple, qu'il est peu inventif... C'est une langue très riche, pleine de nuances et de finesses. ‘Build up’, je ne sais pas ce que ça veut dire mais, si je le savais (mon Dieu, qu'est-ce que cela peut bien signifier ?), je suis certain que je trouverais au moins aussi bien. Ou bien, d'autres trouveraient-ils sans peine.

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 02 mars 2006

Torsades de Pointes : Si vous faites si peu de cas du français, au point de dire qu’il ne mène pas loin, vous devriez, si vous êtes conséquent, recommander que les enfants schaffhousiens etc. apprennent d’abord l’anglais.

Juste une rectification. Les enfants de Schaffhouse apprennent bien l'anglais en première langue. La question posée lors de la votation, c'était le fait de repousser l'apprentissage d'une seconde langue (le français) lors de l'entrée dans l'enseignement secondaire alors qu'elle était enseignée en fin de primaire. Je ne vais pas m'embarquer dans une description des situations linguistiques propres à chaque canton, mais il me semble que dans la majorité des cantons alémaniques orientaux la première langue (voire la seule langue en primaire) est l'anglais, alors que dans les cantons alémaniques occidentaux le français est en première langue ou au choix ; les cantons romands ou bilingues privilégient eux l'allemand et le français en première langue, mais toujours en primaire.

Écrit par : Dominique | jeudi, 02 mars 2006

Torsade de Pointes, je travaille dans une boîte alémanique. De par ce simple fait, déjà, il serait malvenu que j'impose le français dans mes publications. Je pourrais en revanche écrire en allemand. Cela me coûte cependant beaucoup plus d'efforts que de le faire en anglais, c'est ainsi.

Nous avons des succursales - et, donc, des collègues de travail - à Singapour, au Japon, en Chine et aux USA. C'est également dans ces pays que nous avons nos principaux concurrents. Une publication en français ou en allemand de ma part - à qui s'adresserait-elle donc ? - ne serait qu'un frein à la communication, ce qui est extrêmement préjudiciable.


Jacques Layani : Il faudrait tout de même parvenir à ce qu'on ne dise plus que le français n'est pas souple, qu'il est peu inventif...

Bien entendu, je faisais ici allusion à une attaque particulièrement stupide d'un certain académicien à l'encontre des Québécois se permettant d'inventer des termes.
Je ne doute pas de la capacité technique de créer des mots nouveaux en français (bien que certains concepts soient parfois un peu "casse-tête"), je doute hélas de la capacité des francophones de les accepter, du moins avant qu'un écrivain célèbre ne le fasse. Cette redoutable sclérose est pourtant la principale menace planant sur notre langue.

En microélectronique, la terminologie anglo-saxone est très développée et universellement utilisée, dans toutes les langues, même en français. Nos voisins d'outre-Rhin font l'effort louable de systématiquement créer des équivalents en allemand, mais ils restent minoritairement utilisés même par nos clients allemands. Au passage, je profite de signaler que le Spannungsvorverstärker que j'évoquais ci-dessus existe et je ne vois pas en quoi il ridiculise l'allemand. À noter que ce dispositif est nettement plus petit que son nom ne le laisse supposer. Il reste mal-pratique à caser dans un texte ou dans une conversation, c'est un fait, je n'invente rien.
On pourrait certes s'amuser à créer une terminologie franco-française pour se démarquer, mais au risque de se mettre à l'écart. En ce qui me concerne, lorsque je dépose un brevet ou publie un article, c'est dans le but de faire passer un message que j'espère efficace... Il ne s'agit pas d'être pour ou contre le français, mais de pouvoir se faire comprendre : en-dehors de quelques pays Européens ou Africains et d'une partie du Canada, personne ne parle ni ne comprend notre langue, aussi belle et riche soit-elle (si ce n'est quelques érudits).

Écrit par : Ponte Facto | mardi, 07 mars 2006

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