dimanche, 26 février 2006

Barbarie et banlieue

On trouve de singulières analyses linguistiques dans un grand quotidien du soir. Lorsque le procureur de la République déclare : « On est face à des gens qui ont des comportements à la limite de la barbarie. » Il se réfère à l'article 222 du code pénal qui définit les crimes commis avec actes de barbarie. Ce n'est pas un dérapage verbal de sa part, ce n'est pas la qualification des prévenus comme barbares, mais celle de leurs actes qui entrent dans une catégorie précise des fautes. Il est légitime de se demander si le crime a pu être accompagné d'actes de barbarie puisque c'est un fait aggravant tout comme l'est le soupçon d'un mobile raciste ou d'un comportement raciste. Toutefois, lorsqu'un ministre de l'Intérieur déclare que c'est « un crime barbare, un crime odieux commis par des barbares », ce ministre dérape verbalement et montre qu'il méconnaît la valeur des mots ou leur sens.   

En revanche, le même texte contient une autre stupidité :  « Etrange résonance avec la situation internationale, autant qu'avec celle des banlieues - littéralement "lieu de bannissement" -, amalgame qui pourrait être ravageur dans certains "cerveaux". » La banlieue n'a jamais été un lieu de bannissement, c'était seulement le territoire soumis à une juridiction (ban) autour d'une ville. Cette fausse interprétation provient du bouffon Jamel Debbouze qui est incapable de lire correctement un dictionnaire et qui raconte tout et n'importe quoi. Il suffit d'un histrion pour faire naître des légendes langagières. 

Commentaires

« Jamel Debbouze qui est incapable de lire correctement un dictionnaire et qui raconte tout et n'importe quoi »

Chuuuut…. l’humorethnocentrique a toujours raison !
[un barbarisme]

Écrit par : MiniPhasme | dimanche, 26 février 2006

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