samedi, 14 janvier 2006

Un éponyme difficile

On connaît le rôle historique du préfet Eugène Poubelle. La langue a retenu son patronyme, sauf à Lyon si je ne me trompe. Je me suis demandé s'il avait été honoré par une plaque de rue. La première recherche avec «rue Poubelle » m'apporte des pages au contenu nauséabond, le nom est pris dans son sens courant. Une deuxième recherche avec le prénom me conduit au XVIe arrondissement et j'apprends que Michel Leiris y a vécu au numéro 2. Mais comme cela doit sembler étrange de dire : « J'habite rue Poubelle ». On imagine aussi les plaisanteries ressassées dans les cours de récréation ou les bureaux. Voilà pourquoi il y a une seule rue Poubelle en France, et dans un lieu où l'on tolérerait pas les ricanements faciles. Ailleurs, ce nom de rue passerait mal aujourd'hui.

Commentaires

Guillotin semble avoir eu plus de chance. Ça me la coupe.

Écrit par : Stéphane De Becker | samedi, 14 janvier 2006

Stéphane De Becker : " Guillotin semble avoir eu plus de chance."

Oubliée, la victime...

Femme sans tête (rue de la) partie nord de la rue Le Regrattier - IVe

Écrit par : MiniPhasme | samedi, 14 janvier 2006

« J'habite rue Poubelle » aurait sans doute une étrange consonance, mais « j'habite rue Eugène-Poubelle » me semblerait plus neutre, et ne susciterait peut-être guère de réaction chez l'auditeur moyen.

Écrit par : Pierre Hallet | samedi, 14 janvier 2006

Ben tiens... Vous devriez peut-être proposer à vos voisins de changer le nom de votre rue en rue Eugène-Poubelle. Vous rédigez une pétition pour la commune, vous allez sonner à chaque porte avec votre feuille et votre argumentaire, puis vous nous rapportez les réactions.

Écrit par : Dominique | samedi, 14 janvier 2006

Ne comptez pas trop sur moi, là, car je n'aime guère les noms de rue célébrant un personnage (d'ordinaire oublié et/ou aux mérites assez douteux). Dans mon quartier, il y a une avenue Chapelle-aux-Champs, une avenue du Dernier Repos (avec un cimetière au bout), une avenue du Gobelet d'Or et une rue de Toutes les Couleurs. Je les préfère, et de loin, aux rues Sosthène-Tartempion que tant de municipalités se sentent obligées de dénommer ainsi, parfois simplement parce que le Sosthène en question les a arrosées.

Écrit par : Pierre Hallet | samedi, 14 janvier 2006

Ah ! au moins c'est clair et simple. Je suppose que vous êtes aussi hostile à tous les noms de rois belges dans les communes belges et à toutes les mentions d'un quelconque titre royal pour une allée quelconque.

Écrit par : Dominique | samedi, 14 janvier 2006

Pierre, virez-vous aussi les saints ? D'eux non plus on ne sait pas grand-chose.
Tant qu'on y est, à la poubelle les dates ! Qui sait encore ce qui s'est passé un 3 juin ou un 20 août ?

Écrit par : lamkyre | samedi, 14 janvier 2006

Lamkyre : « Pierre, virez-vous aussi les saints ? D'eux non plus on ne sait pas grand-chose. »

On peut se limiter à certains saints bien connus : Saint-Saens, Saint-Évremond, Saint-Nectaire, Saint-Pourçain...

« Qui sait encore ce qui s'est passé un 3 juin »

2 250 000 pages sur Google

« ou un 20 août ? »

1 890 000 pages seulement.
Bonne lecture quand même !

Écrit par : Stéphane De Becker | dimanche, 15 janvier 2006

Ce qui m'a surpris dans «poubelle», c'est que le mot s'est stabilisé sur le genre féminin. Victoire de l'analogie morphologique sur l'étymologie. On dit pourtant bien «le braille».

J'habite près d'une «rue Duchefdelaville» (les espaces entre les lettres sont moins bien repérables sur les panneaux), et je soupçonne d'un certain sens de l'humour la personne qui a décidé de nommer «rue Froidevaux» une rue longeant le cimetière Montparnasse à Paris.

Écrit par : Chris W. | jeudi, 19 janvier 2006

Précédemment « rue du Champ d'Asile », la rue Froidevaux honore François Xavier Eugène Froidevaux (1827-1882), lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, mort victime de son devoir dans un incendie, et inhumé précisément au cimetière Montparnasse voisin.
Quant au féminin de « poubelle », c’est peut-être le résultat d’une influence morphologique, mais plus sûrement la succession de la « boîte à ordures », puis « boîte de Poubelle ».
http://www.mta.ca/faculty/arts-letters/frenspan/banville/noustous/88.html

Ultima Nec@

Écrit par : Ultima Nec@ | jeudi, 19 janvier 2006

Oh merci pour ce poème Ultima !!

Écrit par : Papotine | jeudi, 19 janvier 2006

@Ultima nec : Ah, j'oubliais -- genre hérité du nom qualifié, même sous-entendu. Comme pour « une Ford Mondo ». Ce qui me ramène à ma vielle question jamais résolue : pourquoi le Nutella est-il masculin en Français ?

Écrit par : Chris W. | jeudi, 19 janvier 2006

Stéphane : "On peut se limiter à certains saints bien connus : Saint-Saens, Saint-Évremond, Saint-Nectaire, Saint-Pourçain".

C'est déjà dans Pagnol, ça. "Nous autres, dans l'épicerie, nous avons aussi des saints. Oh, ce ne sont pas de grands saints, ce sont des saints liquides et comestibles : saint-émilion, saint-marcellin..." (Le Schpountz, cité de mémoire).

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

Chris W : pourquoi le Nutella est-il masculin en Français ?

Vous me rappelez les vacances d'été de mon enfance, les éternelles disputes infantiles de cousins lors des p'tits déj au soleil du Midi, entre partisans DU Nutella ou de LA Nutella. La question, sans cesse remise sur le métier par un innocent "tu m'passes LE Nutella, s'teuple?" combattu par l'inévitable "tu veux dire LA Nutella ?"
Hélas ! je ne me souviens plus bien de quel camp j'étais...

La question aurait pu être définitivement tranchée par l'inscription, aujourd'hui disparue, ayant figuré à une époque sur le pot : "Nutella se conserve mieux lorsqu'elle n'est pas réfrigérée"...
À grand renfort de mauvaise foi, les partisans DU Nutella avaient toutefois réfuté cet argument sous prétexte de traduction approximative.

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

Personnellement, je trouve que le Nutella est la chose la plus parfaitement dégueulasse qui soit au monde. Cette infâmie gluante a colonisé les papilles et plus personne ne conçoit la vie sans. Même les marchands de crêpes au gaz d'échappement, c'est-à-dire ceux qui sévissent sur les trottoirs de Paris et fabriquent des crêpes immondes et collantes qu'ils vendent très cher (je me demande bien comment ils peuvent avoir encore une clientèle), même ceux-là vendent des crêpes à la pâte marron collante. Mort au Nutella. Je vais créer une association de lutte contre la saloperie alimentaire, contre l'horreur gustative, contre la cochonnerie nutritionnelle. Amen.

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

Chris W. : pourquoi le Nutella est-il masculin en français ?

Le français a un problème avec les noms en -a. Normalement, on devrait les sentir comme féminins. Mais à part quelques rares cas de noms propres italiens ou espagnols précédés de l'article défini féminin et imposés par ces langues, les autres sont mis au masculin puisqu'il est entendu que la marque du féminin en français est un -e dit muet. Donc, le Banania, le Banga, le manga, le Viagra, etc. C'est assez comique quand on voit le nom des États américains s'ils sont francisés avec féminisation ou non francisés avec masculinisation..

Écrit par : Dominique | jeudi, 19 janvier 2006

Jacques, je vous trouve bien intransigeant ! Les goûts de l'enfance ne sont plus les mêmes une fois adulte, voyons. Le/la Nutella était l'entorse au banal, le goût des vacances ! Aujourd'hui, c'est vrai, quand j'y regoûte, elle a perdu sa magie... je ne trouve pas mauvais pour autant, mais ce n'est plus la même chose.

D'autres choses ont cependant survécu. Le lait, par exemple, qu'une grande marque française affuble de capitales et de vaches chantantes pour le rendre plus grand. Ce lait, très médiocre, au goût métallique de vitamine B et souvent mal homogénéisé, est resté pour moi synonyme de l'insouciance des vacances d'été, de la terrasse ombragée lorsque le soleil cuit, des jeux dans la mer avec les enfants du coin. Cela dit, je ne pourrais pas en boire ailleurs que là-bas...

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

J'ai pour le lait la même aversion que pour le caca collant brunâtre. :-))

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

On croit rêver !
Un dangereux pornographe dénonce un coprophage...

Écrit par : MiniPhasme | jeudi, 19 janvier 2006

J'en suis pas encore au stade des 3 décis de Goron au petit déj, vous dirai dans 10 ans (;-)

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

Ce matin à Casablanca
Un dégoûté du Banania
Avec Mini Phasme
Dressa l'orifla(s)mme
Des gros mangeurs de Nutella

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

Qui est gros ???

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

Rentré le soir même à Paris,
Un' crêpe aux gaz l'homme se prit.
Quand de Nutella
Les doigts se colla,
Il oublia tous ses soucis.

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

Pas mal, la réponse. Bravo. Gros, c'était pour rire, bien sûr. :-))

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

Déformation Goscinnystique oblige, c'est un réflexe dès que j'entends le mot gros... (:-)

Écrit par : Ponte Facto | jeudi, 19 janvier 2006

Notre hôte Dominique vous répondra sans doute qu'il faut préférer "goscinnyenne". Dans tous les cas, sans capitale.

Écrit par : Jacques Layani | jeudi, 19 janvier 2006

Tiens... c'est un sujet pour une prochaine note, ça. Il y a fort peu d'auteurs de BD qui ont donné naissance à un adjectif et de manière étrange un très grand nombre de dessinateurs vraiment originaux ou ayant fait école ne sont pas du tout représentés.

Écrit par : Dominique | jeudi, 19 janvier 2006

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