vendredi, 30 septembre 2005

Le bleu mat

Le bleu du bleu déchire l'ombre

ou défend l'incisive ardeur du lien,

du lieu précis et bleu. Bleu mat

de ce sable, de cette neige. Bleu

pervers d'un bleu d'outre. Le pal

très doux, le pal très dur. Bleu

de l'ombre où déjà j'expire, où

j'écris bleu d'aube ou de castel.

Bleu du bleu. Bleu du bleu. Mat.

Mât mangé de la boucherie. Bouche

de bleu défunt, de bleu précis.

Bleu plié, bleu de femme, de femme.

Je désirais le bleu délice

d'une rivière au point du jour...

Et je serrais mes épis, mes tiges.

Je renonçais à l'herbe, au gave

instinct d'être seul près du soc.

Parleur parlant de paroles

ou de voix tendue de bouche à roc.

Mais le bleu du bleu effilé

emporte le bleu mat, le castel.

Bleu caressé des tempes.

Bleu au secours du bleu mat,

de ce bleu bleui de bleu,

du bleu qui court,

prince d'ibis et de béatitude.

 

Jacques Izoard, Vêtu, dévêtu, libre

Commentaires

Dominique, vous allez flanquer le blues à tous vos lecteurs !

Écrit par : Siganus Sutor | samedi, 01 octobre 2005

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