vendredi, 30 septembre 2005

La prose de mon maire

medium_maire.jpgAu cas où vous l'ignoreriez, le maire de Champignac a suivi des études de lettres et il se targue de connaître son orthographe et de savoir manier le style. Ses hautes compétences linguistiques et son amitié profonde pour un ancien élu de la Corrèze l'ont propulsé au Conseil supérieur de la langue française, à défaut d'un ministère. Je suis heureux de bénéficier des lumières d'un si grand homme qui bénéficie de l'oreille du poète, linguiste et philosophe Yves Duteil. Je viens de recevoir un nouvel exemple de son grand talent littéraire.

Tout d'abord, le maire de Champignac est brouillé avec les capitales : il écrit le nom de ses administrés avec une minuscule, champignaciens. En revanche, il n'est guère avare en matière de capitales abusives qu'il distribue au hasard : Journée des Associations, la Mairie, la Ville, Hôtel-de-Ville, Quai Barbat, Député-Maire, le Maire, Président de la Communauté d'Agglomération. Ce travers semble une particularité de certains hommes politiques...

Ensuite, sa syntaxe est parfois assez originale.

Des travaux ont également été effectués sur le cirque. Cet élément du patrimoine champignacien fait partie de notre identité et des travaux de mise en sécurité s'imposaient.

Que je sache les travaux n'ont pas été effectués sur la toiture du cirque, mais dans son enceinte. On a affaire à la préposition tueuse sur qui trouve là une autre application : le Député-Maire [sic] quitte Paris et se rend sur la Mairie [sic] de Champignac, après quoi il rejoindra sa famille sur son domicile, il verra alors ses enfants sur son salon.

En outre, des travaux de mise en sécurité, cela me semble un peu tordu. On peut mettre en sécurité un bien ou une personne après un sinistre ou un danger, mais est-ce qu'on met en sécurité un bâtiment s'étendant sur un petit hectare ? On le déplace afin de le loger dans un endroit plus sûr ? Je ne sais trop où cela pourrait se faire : dans un coffre bancaire, le service des urgences du docteur Pelloux, une base de l'armée, un abri anti-atomique, le repaire de la Murène ? Il s'agissait en fait de mise en conformité aux normes de sécurité.

Commentaires

Mon cher Dominique, entre votre proviseur et votre maire, je vous plains.

Pardon :

Mon Cher Dominique, entre votre Proviseur et votre Maire, je suis sur votre plainte.

Écrit par : Jacques Layani | vendredi, 30 septembre 2005

"Ce travers semble une particularité de certains hommes politiques..."
J'ajoute : élus et ... surtout administratifs chargés de la rédaction des lettres, rapports, comptes rendus ...

Merci pour ce carnet sur la toile !

Écrit par : Apoline | samedi, 01 octobre 2005

Apoline : « J'ajoute : élus et ... surtout administratifs chargés de la rédaction des lettres, rapports, comptes rendus ... »

Le seul problème, c'est que ce maire-là se vante dans la presse locale de relire soigneusement tous les textes qui sont soumis à sa signature et de corriger en rouge les erreurs, grâce à son œil infaillible d'ancien professeur et maintenant de membre du Conseil supérieur de la langue française. Un de mes amis est brouillé avec lui depuis qu'il lui a fait remarquer une de ses nombreuses erreurs de français. Voir : http://minilien.com/?M3noCwdxC3
S'il n'avait pas des prétentions à l'infaillibilité orthographique ou grammaticale, ce serait fort différent.

Écrit par : Dominique | samedi, 01 octobre 2005

M. le comte,

Le maire de Champignac semble décidément être une figure incontournable ! (Qui vous aura marqué selon toute apparence.) Cela ne m’est jamais arrivé que je sache. Cela défrise mon blason en même temps que cela m’intrigue. Je pose donc la question suivante : comment fait-on pour vivre sous la coupe d’un maire de droite ?

Il ne met pas ses majuscules, cet homme-là ? Je connais un commentateur fréquentant LSP de temps en temps qui aurait pu dire que cela serait “de gauche”. Hmmm... travers à surveiller de près dans ce cas...

“Président du groupe d'études à vocation internationale sur les relations avec le Saint Siège” : c’est un peu long pour figurer sur une carte de visite, mais il n’empêche qu’il y aurait là de quoi impressionner son monde.

Question tout à fait innocente : serait-on un peu réac’, en moyenne, à Champignac ? Votre avis M. le comte ?

Écrit par : Siganus Sutor | lundi, 03 octobre 2005

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