jeudi, 29 septembre 2005
Une aiguille tire le fil
Une aiguille tire le fil
du petit froid qui se lève
et touche sous la peau
l'arbre est chien ou tête
de lièvre ou de lion, de faisan.
Les arbres ont le nom des arbres,
n'ont pas le nom des guis,
ou des sévères buis funèbres.
Avant la nuit, la fumée
cherche à aimer le ciel :
sabots vidés se taisent,
et chats mangent l'oreille
des promeneurs du jeudi.
Charroi d'angelus et de cris
que les enfants cachent.
Le froid mord la nuque :
les mains ont la chaleur
du feu que l'on emporte
où que l'on aille.
Jacques Izoard, Vêtu, dévêtu, libre
17:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



Commentaires
Du même, un extrait :
Les Minières. Les ardoisières.
Et les paroles sans fin
des torrents qui grommellent.
Et les jurons, les bogues
près de la Roche du Chat.
Étreins la terre et mange
l'herbe et l'écorce.
Fais flèche
de toute langue.
(paru dans "Le Temps parallèle" n° 26)
P.-S. : Comte astucieux, as-tu repéré l'intéressante coquille de la page 73 ?
Écrit par : lamkyre | jeudi, 29 septembre 2005
Assemblage du gel et du coutre ?
Je ne vois pas de coquille. Juste des licences. J'utilise l'édition de poche Labor qui reprend plusieurs recueils et qui commence par « la Patrie empaillée ».
Écrit par : Dominique | jeudi, 29 septembre 2005
Zut ! Je n'avais pas pensé à ça. J'ai l'édition originale où un des poèmes a pour titre « Ecrire "l'éciture" »
Écrit par : lamkyre | jeudi, 29 septembre 2005
Fort beau texte que je pourrais donner demain, mais il est à la page 197 chez moi et je ne vois vraiment aucune erreur, même dans le titre.
Écrit par : Dominique | jeudi, 29 septembre 2005
Doit-on lire « l'éciture » – mot dont le sens ne semble pas évident – ou « l'écriture » ?
Écrit par : Stéphane De Becker | jeudi, 29 septembre 2005
Oh j'aime ce poème.
Il me fait penser à un autre que ma tante avait mis en chanson (je ne sais plus qui en est l'auteur, et glouglou ne répond pas), voici :
Où faut-il qu'on aille
Pour changer de paille
Quand on est le feu
A moins qu'il ne faille
Si l'on est la paille
Fuir avec le feu
La paille est si tendre
Et vouloir l'étendre
Etendra le feu
Contente d'étreindre
Or il faut l'éteindre
Or il faut l'éteindre
Écrit par : Papotine | jeudi, 29 septembre 2005
Je crois que c'est plutôt "si l'on est le feu" et pas "quand", au troisième vers.
Écrit par : Papotine | jeudi, 29 septembre 2005
Papotine : Je pense que votre poème est de Louis Aragon.
Glouglou en garde un reste, même si le lien n'existe plus (retiré peut-être pour droit de copyright ?).
http://www.google.com/search?hl=en&lr=&c2coff=1&q=%22Or+il+faut+l%27%C3%A9teindre%22&btnG=Search
Écrit par : joye | vendredi, 30 septembre 2005
Joye a raison : le poème est d'Aragon. C'est le premier poème du recueil intitulé /Le Vaste Monde/, écrit entre 1953 et 1956.
Papotine a raison pour le vers 3 : « Si l'on est le feu ».
Écrit par : Sylvie | vendredi, 30 septembre 2005
Merci merci, Joye et Sylvie !
Écrit par : Papotine | vendredi, 30 septembre 2005
Les commentaires sont fermés.