jeudi, 29 septembre 2005

Charlie Oleg nous écrit de la Kolyma

On pourrait croire que l'un des principaux sujets de dispute des blogues québécois concerne la langue. Il n'en est rien. Rares sont les blogues québécois sur la langue. Il existe l'excellent cybercarnet de la grande rousse, mais il est en sommeil depuis six mois. Les Amoureux du français se sont mis récemment en congé afin de revenir sous une forme enrichie. La Foire aux idées porte en partie sur des questions de linguistique anglaise. Le fort riche et pertinent Chu ben comme chu a disparu à la fin de ce printemps, il était d'ailleurs tenu par un Français expatrié.

J'ai découvert aujourd'hui un nouveau blogue québécois sur la langue et fait original, il est tenu par un ennemi de la loi 101 et de l'OLF. Le titre est déjà un programme de guerre : « Goulag linguistique / Forced Language Camp ». Le blurb ou slogan est : « Voici un blog représentant la frustration linguistique qui sévit au Québec ». Quand on examine un peu le contenu, on voit que c'est l'exact opposé d'Impératif français. Mêmes excès dans les comparaisons et dans le vocabulaire utilisés, mêmes dénonciations virulentes sans aucun souci de la nuance ou de l'humour, mêmes assertions où le jugement se confond à l'argument et l'illustration à la preuve.

Ce qui m'amuse un peu, c'est d'apprendre que ce régime dictatorial, ce goulag donc, est dû aux œuvres philosophiques du grand penseur stalinien Joseph McCarthy (comme Staline d'ailleurs, c'est une preuve), lequel pourchassait toutes les personnes suspectes d'intelligence avec les États-Unis ou d'intelligence tout court... J'attends avec impatience le moment où l'on comparera René Lévesque à Pol Pot, Idi Amin Dada, Kim Il-Sung, Néron, Bokassa, Pinochet, le Bonhomme Sept-Heures, Barbe-Bleue et la loi 101 à la Révolution culturelle chinoise et pourquoi pas aux lois raciales du IIIe Reich... Autant de sujets métaphoireux en perspective.

La polémique n'est pas une chose mauvaise. Elle peut être saine, mais il faut alors qu'elle prenne soin du sens et de la valeur des mots. Dévoyer le sens des mots, c'est nous dégrader. Lorsqu'on parle mal, on pense mal (Nanni Moretti).

Commentaires

Je vous invite à aller voir le blog un peu plus tard.
Je me suis rendu compte de l'extrêmisme dans le blog.

Merci pour la remise en question. Il faut le faire de temps en temps.

Je vais donc mettre en exergue les points de mon argumentation un peu plus rationnellement.

Celui là est un très bon blog by the way ;)

Écrit par : Charlie | vendredi, 14 octobre 2005

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