mardi, 30 août 2005

Goëthe

Le maire de Champignac a daigné rendre service à ses administrés en faisant distribuer un guide de Champignac dans toutes les boîtes aux lettres. Je consulte l'ouvrage, financé avec nombre de publicités, élaboré par une entreprise parisienne de communication. Et je tombe sur le musée Schiller-Goëthe. Je rêve ? Non. Plus loin, le musée contient des souvenirs de Goëthe.

Une rapide anouilhographie m'apprend qu'il y a 528 Goëthe en français, plus 3 Goèthe, 2 Goêthe, 28 Goéthe. Je me souviens qu'en licence une amie germaniste avait eu des difficultés à se faire comprendre chez un libraire, elle demandait Goethe en le prononçant complètement à l'allemand, mais on lui disait que cet auteur ne figurait pas en rayon, puis au bout d'un quart d'heure lorsqu'elle a épelé : « Ah ! Gohètte ! »

Commentaires

Eh oui... Gohètte comme le Grohène-lande, ou comme Rôt-bain-son Cruzohé. On suggèrerait bien d'indiquer la prononciation en API sur la couverture, mais qui en Francophonie connaît l'API, hein ? Bientôt, il faudra prendre l'habitude d'épeler chez les libraires. Je me demande ce qu'on fait de Maugham ou de Coetzee... (Et ce n'est pas un problème pour les noms étrangers seulement, hein : Bâille-Roux contre Bée-roux...)

Écrit par : Pierre Hallet | mardi, 30 août 2005

Dans un esprit voisin, une personne demandant "Zadig" à la librairie Voltaire, s'est entendue répondre : "C'est de qui ?". Authentique.

Écrit par : Jacques Layani | mardi, 30 août 2005

La scène que je rapportais prend tout son sel si je dis qu'elle se déroulait en Alsace...

Écrit par : Dominique | mardi, 30 août 2005

Jacques Layani « Dans un esprit voisin, une personne demandant "Zadig" à la librairie Voltaire, s'est entendue répondre : "C'est de qui ?". Authentique. »

Dans un esprit voisin aussi, un couple de mes amis se rend dans une librairie* curepipienne et demande s’ils ont le Nouveau Testament. Réponse de la libraire : « Le nouveau ? Ah non, je ne crois pas. »


* Dont les propriétaires sont catholiques, tout comme la grande majorité du personnel il me semble.

Écrit par : Siganus Sutor | mardi, 30 août 2005

Toujours dans le même esprit, mais ironiquement dans une “librairie musulmane” cette fois-ci (entre parenthèse celle que je fréquente quasi-exclusivement), les mêmes amis demandent s’ils ont “Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran”.
Réponse : « Allez voir à la section islamique. »

Écrit par : Siganus Sutor | mardi, 30 août 2005

Pierre Hallet : « On suggèrerait bien d'indiquer la prononciation en API sur la couverture, mais qui en Francophonie connaît l'API, hein ? »

Je pense que cela vaut le coup de l'apprendre. Si on a l'occasion de l'utiliser. Est-ce le cas ici ?

Écrit par : Stéphane De Becker | mardi, 30 août 2005

« qui en Francophonie connaît l'API »

Situé sur les marches de la Francophonie, je pose la question : « Qu’est-ce donc ? »

Écrit par : Siganus Sutor | mercredi, 31 août 2005

C'est la notation proposée par l'Association Phonétique internationale.

Par exemple, [u] se prononce comme dans
« genou » et [y] comme dans « rue ». Ça se complique un peu avec [œ] comme dans
« meuble » et il faut beaucoup de courage pour écrire la /ain/ de « bain » : c'est un epsilon surmonté d'un tilde.

Écrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 31 août 2005

Ah oui ! Je vois. Ça donne ces mots quasiment impossibles à lire pour certains d'entre eux.
Des personnes bien intentionnées ont voulu s'inspirer de cette façon de faire pour donner une graphie “normalisée” au créole. L'idée a vite été abandonnée tant elle était impraticable par le commun des mortels.

Écrit par : Siganus Sutor | mercredi, 31 août 2005

La difficulté ne vient pas de la différence de ces signes par rapport à nos conventions. On peut apprendre assez vite l'API du français, il n'y a guère que quelques blocs à se rappeler : voyelles ouvertes contre voyelles fermées, système des nasales, les trois semi-consonnes et les chuintantes. C'est plus compliqué pour l'API de l'anglais du fait d'un grand nombre de voyelles et de diphtongues qui se répartissent de manière moins structurée qu'en français. En revanche, cela peut poser des problèmes de déchiffrage : notre orthographe est compliquée parce qu'il existe des prononciations différentes d'un même archi-phonème selon les régions, les milieux et les tranches d'âge. C'est pourquoi dans le TLFi, la recherche phonétique ne fait pas de différence entre in et un, entre u voyelle et u semi-consonne, entre les é et è (et pas d'écriture de ces signes), eu et eu, o et ô ouverts et fermés, a et â antérieur et postérieur, i voyelle et yod semi-consonne. Il n'y a pas non plus les diphtongues du québécois (æ par exemple). Ni de marque de longueur ou d'expiration. Il ne faut pas attendre que tout le monde ait la même perception d'un phonème. (Ce qui n'empêche nullement ensuite de décrire phonologiquement le mot.)

Il y a eu une époque où l'API était la première chose que l'on abordait en sixième, que ce soit en langue ou en français. Puis on passait parfois à des exercices de transcription pour l'orthographe ou bien de restitution orale. Cela ne m'a guère traumatisé, mais je me demande si c'était vraiment efficace. J'ai retrouvé cela dans un manuel récent, mais pour des exercices donnés sans apprentissage préalable : il aurait fallu que les élèves lisent le texte en API puis le redonnent en alphabet latin avec l'orthographe adaptée. J'ai jugé que c'était casse-cou : cela complique la compréhension chez des élèves faibles qui sont soudain déstabilisés.

Écrit par : Dominique | mercredi, 31 août 2005

Dominique : « il aurait fallu que les élèves lisent le texte en API puis le redonnent en alphabet latin avec l'orthographe adaptée. »
J'ai dû le faire aux cours d'anglais. Je ne trouvais pas ça trop difficile. Mais on pouvait /écrire/ ; ici, le sigma majuscule – comme le /j/ de « je » ou le /g/ de « gilet » – devient un /s/, ce qui n'est vraiment pas à recommander.

Écrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 31 août 2005

Stéphane a écrit : « C'est la notation proposée par l'Association Phonétique internationale. »

Le A d'API ne signifie pas « Association », mais « Alphabet ».

Stéphane : « il faut beaucoup de courage pour écrire la /ain/ de « bain » : c'est un epsilon surmonté d'un tilde. »

J'essaie : ~ε. Marche pas. Et un copié-collé du Petit Robert ne fonctionne pas non plus : [bR].

Je n'arrive pas à installer les polices phonétiques que j'ai téléchargées.

Écrit par : Sylvie | mercredi, 31 août 2005

Dominique : « Ah ! Gohètte ! »

Jamais je n'avais entendu cette prononciation. Je n'ai toujours entendu que ['gø:tə] à l'allemande (le à l'envers ne passe pas), ou [gø:t] à la française.

Écrit par : Sylvie | mercredi, 31 août 2005

Sylvie : (le à l'envers ne passe pas)

Tiens, le e à l'endroit n'est pas passé non plus. Je l'avais mis entre chevrons.

Écrit par : Sylvie | mercredi, 31 août 2005

Les signes entre chevrons ne passent pas, je l'avais déjà dit à Pierre Hallet quand il avait voulu délimiter une URL (ce qui est fort bien dans les forums Usenet ou dans les courriers). J'avais fait aussi quelques essais pour des balises du type i pour italique ou b pour gras et cela avait disparu sans aucune traduction concrète.

Écrit par : Dominique | mercredi, 31 août 2005

Stéphane De Becker : Mais on pouvait /écrire/ ; ici, le sigma majuscule – comme le /j/ de « je » ou le /g/ de « gilet » – devient un /s/, ce qui n'est vraiment pas à recommander.

Ce n'est pas un sigma sauf si on lit en boustrophédon, c'est une sorte de z minuscule pourvu d'une boucle incomplète en bas et sans le point de départ en haut, ou bien un 3 avec une barre supérieure droite et une boucle plus ample et plus crochue en bas. Le sigma est ouvert à droite, le signe phonétique est ouvert à gauche ; le sigma est écrit sur la ligne de pied, le signe phonétique s'étend surtout sous la ligne de pied. Ce sont donc vraiment deux signes très différents...

Écrit par : Dominique | mercredi, 31 août 2005

Dominique : « Ce n'est pas un sigma sauf si on lit en boustrophédon, c'est une sorte de z minuscule pourvu d'une boucle incomplète en bas et sans le point de départ en haut, ou bien un 3 avec une barre supérieure droite et une boucle plus ample et plus crochue en bas. Le sigma est ouvert à droite, le signe phonétique est ouvert à gauche ; le sigma est écrit sur la ligne de pied, le signe phonétique s'étend surtout sous la ligne de pied. Ce sont donc vraiment deux signes très différents... »

Si nous n'étions pas sur un blog sérieux, je vous raconterais une blague belge qui se termine par :
« Tu as de bons yeux, toi, tu sais ! »

Écrit par : Stéphane De Becker | mercredi, 31 août 2005

Dominique : « Les signes entre chevrons ne passent pas, je l'avais déjà dit à Pierre Hallet quand il avait voulu délimiter une URL (ce qui est fort bien dans les forums Usenet ou dans les courriers). »

Et voilà ! Prise en flagrant délire de ne pas tout lire !

Mais je me demande quand même pourquoi les [ø] passent bien, et pas les e à l'envers. Alors que j'ai tout copicollé de Charmap.

Écrit par : Sylvie | mercredi, 31 août 2005

Hum... J'ai fait des essais Unicode ici lorsque vous dormiez et cela ne va pas du tout. En revanche, tout ce qui est dans la table de caractères Charmap et n'est pas dans les iso-Latin 1 et 9 passe (du moins sur Vingt-Doses). Le o barré est dans la bonne table de caractère, mais le schwa est dans une autre table de caractères laquelle est permise seulement par Unicode.

Écrit par : Dominique | mercredi, 31 août 2005

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