mardi, 23 août 2005
Anglicisation de Madagascar
J'apprends que le nouveau président de Madagascar voudrait faire de l'anglais la langue officielle de l'île et qu'il soit enseigné dès le primaire. On savait que Marc Ravolamanana s'exprime en anglais et non en français, qu'il a fait ses études en Anglo-Saxonnie et non en France. Ses principaux conseillers sont américains. Le voyage du Chi cette année avait déjà montré qu'il y avait plus qu'un léger froid entre les deux gouvernements.
Il y avait déjà eu la période dite de la malgachisation à partir de 1972 et cela avait surtout une politique autoritaire imposant le dialecte de l'élite autrefois dominante, le merina, ce qui avait conduit à un long effacement du français et à un fort taux d'échec scolaire. Madagascar est encore très divisée par les différentes tribus qui parlent toutes une variante du malgache (le merina des hauts plateaux étant la forme la plus littéraire et noble). Madagascar n'a plus le français comme langue officielle même s'il était fort utilisé sous le précédent gouvernement – trop soutenu par la France. L'île a rejoint assez tardivement l'OIF, après la période socialiste, elle n'y a guère participé.
Sur l'anglicisation de Madagascar :
http://www.lagazette-dgi.com/simu/edito.php?id=623
Sur la politique linguistique à Madagascar :
11:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Une revue de la presse malgache par Courrier international à propos de l'éloignement de la francophonie par Madagascar :
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=54448&provenance=afrique&bloc=01
Écrit par : Dominique | vendredi, 26 août 2005
Que Madagascar s’éloigne de la “francophonie”, il est possible de le regretter mais il n’en reste pas moins qu’on ne peut légitimement pas tenir grief aux Malgaches de chercher à mieux s’intégrer à leur environnement régional, ni de chercher leur intérêt là où ils penseraient le trouver. Si vu de l’hexagone les “traîtres” madécasses semblent faire une manière de bras d’honneur à leurs “cousins” (et anciens maîtres) françois, vu des rivages du canal du Mozambique cela ne constitue probablement qu’un espoir supplémentaire d’améliorer ses propres conditions de vie.
Mais plus étonnant que l’adhésion de Madagascar à la SADC, nous avons eu le lusitanien Mozambique qui, en 1995, a rejoint les États du Commonwealth britannique. Pouvoir d’attraction de l’anglophonie au détriment de la francophonie et des alterphonies diverses ?
Écrit par : Siganus Sutor | vendredi, 26 août 2005
Oh ! parmi les sources d'étonnement, on a la Guinée équatoriale et le Nigeria qui veulent faire de la langue française une langue officielle afin d'adhérer à l'OIF. Le Nigeria est en froid avec le Commonwealth, la Guinée est isolée dans un ensemble dit francophone (et surtout doté d'une monnaie à peu près stable).
Écrit par : Dominique | vendredi, 26 août 2005
Dans ce cas peut-être l’OIF pourrait-elle faire des yeux doux à ce Mugabe en froid avec le Commonwealth…
Écrit par : Siganus Sutor | vendredi, 26 août 2005
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