jeudi, 18 août 2005
Un jardinier parle
Dans ce jardin où les roses poussent à confusion et où une table a été disséminée derrière un arbre, j'ai évité des amis à boire de ce bon saumur qui les émousse facilement et à manger des fruits et une salade bien arraisonnée sur une table que ma femme a décorée de pétales de roses crémières. Quand on reste sans rien prendre, on se regarde comme des chiens de porcelaine. Il viendra un cordonnier avec qui je barbote quelquefois. Mais, comme mon chien ne le connaît pas, je vais l'attacher. Il pourrait sauter sur lui et le dévisager ; ce serait dommage, car il est beau comme une statue de l'ancien temps, c'est un vrai Poêlon de Réverbère.
Jean Grenier, 1955.
09:50 Publié dans Les hésitations du langage et de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
Magnifique !
Quand je vois comment mon cerveau s'empresse de traiter ce texte pour lui faire dire ce qu'il *devrait dire* et non ce qu'il dit vraiment, ça fait peur.
Ecrit par : lamkyre | jeudi, 18 août 2005
J'ai commencé à copier une nouvelle série de courts textes. J'ai décidé de me contenter dans un premier temps de la série publiée dans la NNRF sous le titre « la Confusion des mots ». Cependant, j'hésite pour la ranger dans une catégorie précise : je ne peux pas les mettre dans la mal-langue déjà trop remplie, Grenier a utilisé des procédés similaires à ceux de Tardieu. Dans Littérature ? C'est un peu abusif. Plus tard, je pourrai donner des extraits de ses carnets ou de sa correspondance qui présentent des exemples plus bruts, souvent tirés d'observations.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 18 août 2005
Dominique : « Plus tard, je pourrai donner des extraits de ses carnets ou de sa correspondance qui présentent des exemples plus bruts, souvent tirés d'observations. »
Très bonne idée. Cela nous changera du Papion de la Frise.
Ecrit par : Stéphane De Becker | jeudi, 18 août 2005
Cela peut mériter une catégorie à part entière "un mot pour l'autre" ou quelque chose d'approchant...
Ecrit par : Tanguy Cardo | jeudi, 18 août 2005
En effet, je pense que je peux ouvrir une section un peu différente sur les à-peu-près, les équivoques du langage ordinaire vus par les auteurs. Je vois d'autres textes qui pourraient s'y glisser.
Ecrit par : Dominique | jeudi, 18 août 2005
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